Limites en tout genre

Folding Ruler in Shape of House with DrawingsEn ce moment, j’entends beaucoup parler d’éducation non-violente. Je lis beaucoup de blogs qui en parlent, je discute avec pas mal de mamans qui tentent, tant bien que mal de la pratiquer.

Et ça me renvoi à mes prémices de maman Vers la première année d’Abd Allah, j’avais trouvé une discussion fort passionnante sur un forum. Elle s’appelait « Education Non-Violente » et était une sorte de récap’ des trucs et astuces pour une parentalité plus douce, et non pas basée sur les coups et les cris comme système éducatif.

Certaines s’en servaient comme d’un confessionnal « au secours, j’ai craqué » et recevaient des pistes d’autres mamans internautes qui pouvaient aider dans le quotidien.

Quand mon fils avait un an, je trouvais ça fabuleux. Persuadée que c’était non seulement le meilleur pour lui, mais qu’en plus, il allait devenir, ainsi, un petit ange pleins de bon sens, de respect envers lui-même et ses parents et les autres, bref… Que c’était une éducation difficile à donner mais que le jeu en valait la chandelle.

Je pense toujours que le jeu en vaut la chandelle. Mais j’ai appris à me modérer. J’ai appris mes limites. J’ai compris que la théorie de l’ENV (éducation non-violente) n’était certainement pas applicable à la lettre. J’ai compris que j’étais humaine, et non surhumaine.

A l’heure actuelle, je ne suis pas une archi-non-violente, je dois l’avouer. D’ailleurs, je ne l’ai jamais vraiment été.

Je suis une maman, qui perd souvent patience, et qui s’emballe très vite. Et j’ai appris à vivre avec. Et eux aussi. Ils savent que je cris facilement. Pas pour leur faire peur, pas par méchanceté gratuite. Parce que c’est le seul moyen que j’ai pour déverser mon trop-pleins d’émotions négatives. Même si je hurle « MAIS RANGEZ MOI CETTE CHAMBRE », ça ne les fera pas ranger pour autant. Et d’ailleurs, je crois que ce n’est pas le but. Non, j’ai juste besoin de hurler, de vider tout ça. Et après, quand je suis calmée, je suis plus apte à ranger avec eux. Plutôt que de garder ce cri en moi, et de me forcer à ranger avec eux, en étant énervée et en sortant des mots qui dépassent mes pensées…

Oui, ça m’arrive de taper. Et pareil, ce n’est pas par méthode éducative. Je ne tape jamais en pensant « il l’a mérité ». Quand ça part, ce n’est pas réfléchi, c’est un vieux réflexe archaïque, parce que j’ai été poussé à bout et que je ne supporte pas une chose (une insolence, le plus souvent). Non, je n’en suis pas fière. Mais je suis humaine. Et j’ai appris à vivre avec.

Je suis globalement à l’écoute de mes enfants. Ils savent qu’ils peuvent me dire quand ils ont mal au genou ou au coeur. Ils savent qu’ils ne sont pas forcés de me dire s’ils n’ont pas envie. Ils savent aussi qu’il y a des moments où je ne peux pas les écouter, où je ne suis pas disponible pour les écouter, et pourtant, ils tentent de me dire des trucs importants à ce moment-là… Alors que je ne suis pas concentrée sur ce qu’ils me disent, et je les écoute d’une oreille. C’est ainsi. Je suis humaine.

J’ai fini de prendre comme référence les grands auteurs. Je ne prends sûrement pas leur livre comme des conseils et encore moins des méthodes à suivre. J’ai tenté de le faire, comme énormément de mamans… Mais bien sûr, j’ai échoué. Parce que je suis humaine.

Je souris en lisant des posts sur les méthodes non-violente, souvent initiés par des mamans de tout-jeunes loulous. Aussi enthousiastes que moi, il y a 5 ans.

Avec le recul et l’expérience, j’ai compris qu’au final, tout n’était pas tout blanc ou tout noir. Que la maman qui craque méchamment au supermarché, a peut-être été toute la journée mise à rude épreuve par un loulou colérique… et que la fin de la journée aidant, et la foule à la caisse en plus… Que la maman qui s’agenouille pour écouter pleurer son petit après une chute, lui a peut-être mis une fessée, la veille, sous l’énervement parce qu’il ne voulait pas s’endormir… Que les apparences ne veulent rien dire. Que nous sommes humains. Et que nous avons droit au dérapage.

Nos enfants apprennent à vivre avec des humains, pas avec des robots qui parleraient comme du Gordon. Et qu’un humain… ça a plusieurs facettes, en fait. Et finalement, qu’est-ce-qui est mieux pour nos enfants? Qu’ils aient un modèle de perfection, avec des parents infaillibles qui ne craquent jamais? Je ne suis pas sûre que ce soit très constructif…

Je penche plus à tendre vers une éducation respectueuse, tout en étant sûre que nous sommes faillibles et que nous craquons aussi.

D’autant plus que beaucoup de parents prônant l’éducation non-violente se défendent de ne pas être des laxistes. Effectivement, l’éducation non-violente, en théorie, n’est pas du tout laxiste. Le laxisme est même violent en soi (on laisse l’enfant livré à lui-même, avoir les pleins pouvoirs… C’est éprouvant pour un enfant!). L’éducation non-violente, c’est : poser des limites dans le respect de tous et la douceur, la communication et l’attention.

Mais je dois avouer, que des mamans emballées par cette approche… ne mettent pas beaucoup de limites. Je connais des familles nombreuses avec une éducation non-violente et des règles fermes et respectées par tous les enfants. Et je connais des familles avec peu d’enfants… et il faut avouer que sous prétexte d’ENV, les enfants sont des tyrans.

Alors, mon point d’honneur dans l’ENV : mettre des limites, là où vont MES limites. C’est peut-être égoïste comme façon de penser, mais finalement pas tant que ça : si JE me sens bien, quand on respecte MES limites… Je ne crie plus, et je suis plus reposée avec mes enfants… J’ai compris que l’être humain a besoin d’être un peu égoïste…

J’ai mis du temps à comprendre que MES besoins étaient tout aussi importants, voire même plus importants que ceux de mes enfants. Pour que leurs besoins soient respectés (en l’occurrence, vivre dans un climat non-violent) : j’impose mes besoins…

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16 commentaires

  1. Billie · septembre 7, 2012

    Tiens? Je partage complètement ce point de vue. Si je n’ai pas allaité mes enfants, c’est exactement pour les mêmes raisons.

  2. emilieoumkalthoum · septembre 7, 2012

    Tiens ? J’ai l’impression d’avoir entendu ces paroles récemment ^^

    Petite parenthèse : C’est fou que sur un sujet comme ça on puisse revenir au faux débat allaitement-biberon ! Ne réponds pas à la provocation Salwa ^^

    • Salwa · septembre 7, 2012

      Ne t’inquiète pas 😉 Billie est une habituée de semeuse de zizanie sur mes blogs… Je ne tenais pas à lui répondre 😉

      • emilieoumkalthoum · septembre 7, 2012

        Oui j’avais remarqué ça ! lol
        Bon, j’ai quand même envie de dire un truc : quand tu donnes une fessée parce que ton gamin a dépassé les bornes, tu le fais sur un coup de colère, parce que tu ne t’es pas sentie respectée, etc. Mais ça n’est pas réfléchi. D’où la différence avec une éducation « à l’ancienne » (j’aime pas trop le terme « violente »…), où on fait de la fessée une arme éducative.
        Alors que si tu décides de ne pas allaiter, bah tu l’as réfléchi, et tu prives ton enfant de ça sciemment. En revanche, si tu arrêtes parce que tu as de grosses crevasses ou un engorgement qui ne passent pas malgré tes efforts, alors là c’est comparable : tu es allée au bout de tes limites.

  3. Malory · septembre 7, 2012

    C’est marrant je crois que j’aurai pu l’écrire ! J’aime !

  4. oummsajida · septembre 7, 2012

    As-Salam’alykoum

    Coup d’coeur pour ton article très déculpabilisant car humain macha Allah
    Tu sais vraiment bien retranscrire par l’écrit ce que l’ont ressent (presque) toutes soubhana Allah, perosnnellement je n’ai pas cette capacité
    Jazaki-Llâh bi khayr

    P.S : tu n’arrives pas à lire des « pavés » mais tu en écris hihi

  5. khadija · septembre 7, 2012

    Salam,
    je partage entièrement ton point de vue et réagis comme toi avec mes enfants…Ce ne sont pas toujours de « bonnes « réactions (ce ne sont jamais des sanctions) mais elle montrent aussi à nos enfants que nous avons nos limites et qu’ils ne faut pas pousser le bouchon trop loin…

  6. Oum Eden · septembre 7, 2012

    La « comparaison » famille nombreuse avec pour ainsi dire des petits anges et famille plus « classique » dira t on avec des vrais ptits diablotins m’a beaucoup parlée car j’en connais… 😉
    c’est là que tu te dis qu il n y a pas de lien de causes à effets « nombre d’enfants-éducation »…

    et puis il y a une nette différence entre mettre une tape et de se dire « bah de toute facon nous, on n’en est pas morts hein, et puis les baffes ca fait obligatoirement partie de l éducation si tu ne veux pas d un enfant roi!? » et mettre une tape car elle nous a échappée et de se dire que bon ok à ce moment précis on ne voyait pas d autres alternatives mais que c est qd meme pas trop génial quoi…

    Le geste reste le même, c est sur, mais la remise en questions qui le suivra non!

    Bisous chère Soeur et ravie de te retouver sur tes blogs.
    :-)))))))

  7. Karym · septembre 8, 2012

    « La liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres. » Se donner corps et âme pour ces enfants n’est pas la solution. Les parents aussi ont besoin de liberté car a force de tirer sur la corde elle casse et c’est la que ce produit les minis drames que l’on regrette.

  8. Mahdiya · septembre 8, 2012

    Salam Aleykoum

    Tu es une maman, une vrais, pas qu’il y en est de fausses hein ! mdr

    Ce que je veut dire c’est que ton article est plein de bon sens !

    Encore et toujours le juste milieu, voila ce que nous devons chercher et ce en toutes choses. quand bien même il s’agisse de l’oeuvre de toute une vie !

    Et oui on ne sais pas ce qui se passe dans la vie des autres ! et moi je connais une mamans qui crie beaucoups après ses enfants, qui est souvent derrière leurs dos MAIS qui n’as jamais ou presque levé la main sur eux, qui leurs parle et les écoute, qui communique et qui aime bref une maman quoi !

    Et une maman comme tu le dis si bien c’est avant tout une femme avec ce que cela impliqie ! tiens ma fille m’apelle salut !

  9. missawsina · septembre 12, 2012

    Essalem Aleikoum,

    Je pense quand on parle d’éducation non violente, ce n’est pas sans fessée ou sans punition loin de la c’est une éducation nouvelle différente de celle de nos parents ou l’enfant avait peur même de s’exprimer devant ses parents ou il devait les vouvoyer. Tout être humain a des moment ou il doit évacué son stress mais il faut juste être vigilant à la façon de la faire.
    Pour moi éducation non violente, c’est éviter de donner une fessée pour me soulager et non pas pour l’éduquer.

  10. nanon · septembre 15, 2012

    voilà enfin des mots qui transcrivent ce que je pense… c’est vrai l’ENV ne veut pas dire pas de limute… et pourtant, on me reproche souvent ma sévérité quand je les pose, calmement, mais fermement, à mes petits…

  11. Pingback: @ lire sur le web : “Spéciale rentrée” | Oumm Sâjida's
  12. 100drine · novembre 16, 2013

    coucou, je crois que ce qui compte c’est de faire au mieux, et de se poser les bonnes questions. ce sont nos enfants qui nous montrent le chemin et rarement l’inverse! j’encadre des enfants depuis des années et je pense qu’ils m’ont plus appris que l’inverse! Aujourd’hui, je suis jeune maman! et je vais tenter de faire au mieux, avec tout mon enthousiasme et toute mon énergie… tant que j’en aurai. Vous avez raison de déculpabiliser, car en effet, ça ne sert à rien, mais ne cesser jamais d’essayer, car après tout, on a tous le droit d’espérer…. bises

    • Salwa · novembre 17, 2013

      Merci pource commentaire qui m’a fait relire un post que j’avais oublié et dont j’avais besoin!! 🙂

  13. camille · novembre 17, 2013

    salam alaikoum

    bel article, on est des êtres humains avec nos faiblesses, mais l’entourage joue beaucoup. Par exemple, quand je suis entourée, en séjour chez ma belle famille par exemple, tout va bien, être maman est juste un pur bonheur, pas de cris, pas d’envies de taper, pas de colères…ahhhh…de retour, seule, à la maison, les colères reviennent.
    Puis on est des victimes de notre propre éducation, c’est ancré en nous la violence, on peut essayer tout de même de changer, éduquons nous avant d’éduquer nos enfants. Le mieux reste 0 fessée, quand on connait les résultats que cela donne dans les pays où la violence éducative est interdite, il faut se motiver, on peut changer le monde rien qu’avec ça!

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