Vivre ses rêves…

Les paquets d’enveloppes s’étalent devant moi. Combien y en a-t’il? Plus d’une centaine, c’est certain. De novembre 2001 à août 2003. Je les ai classé afin de les avoir dans l’ordre chronologique et de me replonger dans mon adolescence.

Mon adolescence qui me rattrape. Autour de moi, partout, en ce moment. D’où sont sorties ces affaires? Où ma belle-mère a-t’elle organisé des fouilles archéologiques pour les récupérer?

Des photos en tombent. Mon homme, ado, au milieu de sa bande de copains. Je souris. Et les lettres. Il les a toutes gardées. Toutes, certainement. Je lui ai écrit tout ça. J’hallucine en voyant le paquet. Mon écriture, mes enveloppes, mes photos de quand j’avais 17 ans. Je remplissais des pages et des pages.

Je commence à lire, et le tourbillon m’emporte. Je me revois en train d’écrire : dans mon lit, sur mon bureau, dans ma chambre d’internat, en vacances, en larmes, en riant, en colère. Et amoureuse. Toutes les lettres résonnent pareil. Les mots sont souvent les mêmes. Le fond est intact. J’étais folle de ce type-là, et aujourd’hui, ça n’a pas changé. J’écris toujours le même genre de lettres.

Au fur à mesure de ma lecture, je note quelques petits récits totalement fantaisistes, petite mythomane… J’y découvre des cris de haine que je ne connais plus actuellement, contre mon pays, surtout. J’y redécouvre que je voulais quitter à tout prix quitter la France, je l’accusais d’être la cause de mon mal-être. Et puis, les mots d’amour, les lignes de promesse, et les rêves.

J’y lis avec le sourire, plusieurs fois, ce genre de phrases : « mon rêve est d’avoir des enfants de toi », et je regarde mes trois loustics qui se battent en rigolant, sur le canapé. Pensais-je seulement que ce rêve se réaliserait? 10 ans plus tard? Hallucinant.

Les larmes m’en coulent. J’étais ado, j’étais petite, j’étais un brin vulgaire dans mon langage, histoire de me donner un style… Mais, ce qui ressort de ces lettres, c’est l’estime que j’avais pour cet homme. Et cette passion dévorante.

Je parle de ma future conversion à l’Islam, de cette envie d’apprendre la prière, de ce besoin de me rapprocher de Dieu. Mais j’y dis clairement que je ne porterai jamais le voile. Je rigole en relisant cette phrase. Les préjugés qui collent à la peau…

Je découvre au milieu des lettres, un cahier. Je l’avais oublié. Mais à sa vue, je me suis souvenue. Je ne m’en séparais pas. J’écrivais dedans des lettres, des dizaines et des dizaines de lettres, avant d’envoyer ce cahier à mon chéri de l’autre côté de la méditerranée…

Les mots qui tourbillonnent sur le papier. La plus longue lettre fait 10 pages recto-verso. 10 pages de rage après une petite mésentente entre lui et moi, et 10 pages de pleurs et d’amour… et de sang. J’avais cru que cette dispute noterait la fin de notre histoire, et je m’étais ouverte le doigt pour lui écrire avec mon sang que je l’aimais. Délire d’adolescente amoureuse, éperdument amoureuse. Cela ne l’avait en rien impressionné… Aujourd’hui, j’en rigole. Le sang a séché, il est presque effacé.

Il y a 10 ans. J’étais encore tellement petite. Mais tellement à fond dans mes sentiments. Et je pensais que c’était le bon. J’en étais convaincue.

Je suis partie le rejoindre, cela faisait quatre jours que j’avais la majorité… Et mes rêves sont devenus réalités.

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3 commentaires

  1. fatouba · août 25, 2013

    salam aleykoum ourthy
    comme c’est beau de se remémorer le bon vieux temps
    je te comprends !!!

  2. mamaturel · août 25, 2013

    Que c est beau. ..!!!

  3. sanaa iman · août 26, 2013

    As salam Aleykhoum Salwa,

    Masha Allah, que c’est touchant…

    Que Dieu préserve votre amour.

    Wa salam.

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