Quand le choix est biaisé…

Je pense que cet article va faire remuer des choses à l’intérieur de beaucoup de personne. Je pense que j’aurai droit, sûrement, à des commentaires moralisateurs, car c’est un sujet qui en apporte, à chaque fois qu’il est abordé. Mais enfin, je ne m’en formaliserai pas, je l’espère.

Belle République dans laquelle nous vivons. République de liberté, d’égalité, de fraternité. République où la liberté est de plus en plus restreinte… Non pas en protection des libertés communes… mais simplement pour une histoire d’argent. République de vendus mercantiles… Cela fait bien longtemps que la Santé publique n’est qu’une immense pompe à fric (est-il utile de faire une piqûre de rappel, avec l’histoire du sang contaminé????). Si les laboratoires ne trouvent pas leurs comptes, ce n’est pas la santé des êtres humains qui comptent, mais les zéro en plus sur leur relevé de banque…

République de liberté? Où le port d’une valeur religieuse est dénigrée, reléguée plus bas que terre, piétinée, et minimisée. Faire dévoiler des étudiantes pour leur permettre d’accéder au sacrosaint bac… Mais pour qui se prennent-ils, eux qui ne connaissent pas la valeur d’un voile pour une musulmane?

Et voilà qu’ils touchent encore à une de mes libertés, qui me rend furieuse : mon choix d’être accompagnée par une sage-femme pour accoucher chez moi.

C’est quoi leur problème? Ça n’est pas rentable. Rentabilité, maître mot. Santé Publique? Une façade. On se fiche de savoir si les femmes sont bien pendant leur accouchement. On se fiche complètement de savoir si elles sont bien traitées, si les bébés sont accueillis convenablement. Ce n’est pas la question.

La réalité d’aujourd’hui, pour les personnes qui n’auront pas trop suivies l’affaire : jusqu’à 2001, les sage-femmes libérales qui souhaitaient accompagner les femmes dans l’aventure de l’accouchement à la maison étaient assurées et pratiquaient dans la légalité. Puis les assureurs ont augmenté leur tarif et demandent plus de 25 000 euros/an à une sage-femme libérale : le même tarif qu’un gynécologue, qui travaille en milieu hospitalier. Les données, sont aberrantes… Les salaires ne sont pas les mêmes ; le salaire moyen d’une sage-femme est de 24 000 euros/an, tu déduis les charges et ce dont elle a besoin pour vivre… C’est clair : les assureurs ne veulent pas les assurer ou veulent les mettre sur la paille.

En Juillet 2013, l’Ordre des Sages-Femmes publiait cette grosse plaisanterie :

Le 30 mai 2013, le ministère des Affaires sociales et de la Santé, alerté par la Cour des comptes, a décidé de saisir l’Ordre des sages-femmes sur les risques encourus du fait d’un défaut de souscription d’assurance RCP par les sages-femmes libérales pratiquant des accouchements à domicile programmés.

En tant que garant du respect par les sages-femmes des règles légales d’exercice, les conseils départementaux sont invités à envoyer à l’ensemble des sages-femmes libérales de leur département un courrier, à l’aide du modèle de lettre ci-joint, afin d’obtenir auprès de celles déclarant pratiquer des accouchements à domicile programmés copie de leur attestation d’assurance RCP.

A défaut, il conviendra de sensibiliser au mieux les sages-femmes contrevenantes sur les risques encourus par cette situation illégale et, dans la mesure du possible, d’entendre leurs explications sur les raisons de l’absence de couverture assurantielle.

Les conseils départementaux doivent faire retour au Conseil national des informations qu’ils auront pu recueillir, au plus tard le 15 octobre 2013, en remplissant le tableau ci-joint.

CNOSF, le 24 juillet 2013.

Source.

On allait donc demander aux sage-femmes pourquoi elles ne payaient pas d’assurance, et pourquoi elles ne préféraient ne rien manger, et ne pas payer de loyer, pour continuer à assumer les accouchements à domicile dans la légalité. L’Etat est un comique, non?

Sous pression, les accouchements à domicile ne sont plus remboursés par la Sécu, depuis le 1er Octobre, si la sage-femme le pratiquant n’est pas assurée. RIP AAD.

Ils ont réussi une partie de la bataille, mais la revanche risque d’être douloureuse.

Vers quoi vont se tourner les femmes comme moi, qui refusent d’être hospitalisée pour une maladie qu’elles n’ont pas? Devinez : vers l’accouchement non assisté (ANA), c’est-à-dire accoucher seule, sans l’aide d’une sage-femme.

Alors, j’imagine les grands cris, les bras qui se lèvent, et les remarques sur toutes les lèvres : c’est dangereux. Oui et non.

Sur mes trois accouchements, deux de mes enfants sont arrivés sans l’aide d’une sage-femme, el hamdoulilleh. Mais j’ai été suivi pour la suite de couche. Et je pense que c’est vraiment cette période qui est « à risque », ou du moins qui m’effraie le plus. Cependant, d’ici à ce que bébé 4 se pointe dans mon bidon, et que j’accouche, je vais potasser un max et être à l’écoute de mon corps. Mais je refuse de me plier à leur règle. Comme je refuse d’enlever mon voile, peu importe l’endroit dans lequel je me trouve.

Mes libertés n’empiètent sur les libertés de personne. Je suis libre de ces choix personnels. Et à l’heure actuelle, je me trouve contrainte de choisir entre : accoucher dans une chambre qui n’est pas la mienne, au milieu de personnes que je ne connais pas, et de subir des gestes que je ne veux pas ; et d’accoucher toute seule, sans aide extérieur « à mes risques et périls », et avec toutes les complications administratives que cela entraînent par derrière.

Mais cela ne m’effraie pas. C’est pour moi, un combat pour la liberté du libre choix du lieu d’accouchement. Je ne suis pas en train de dire que toutes les femmes devraient faire comme moi, pas du tout. Je n’ai jamais dénigré l’accouchement à l’hôpital, car je sais que beaucoup de mamans s’y retrouvent dans ce lieu. Beaucoup, mais pas moi.

Et puis, tout ça, c’est beaucoup de bruit pour rien. Ça te rappelle quelque chose? 1% de femmes portent le niqab, et elles ont été mises sous les projecteurs pendant des mois et des mois… Alors qu’elles ne sont qu’1%. Et bien figure-toi que c’est pareil pour les femmes qui veulent accoucher à la maison. Nous ne sommes qu’1%.

On aime remuer la crasse au lieu de s’occuper de vrais problèmes. Et puis, les gens qui s’occupent de ces questions, sont le plus souvent de grands ignorants qui ne savent pas de quoi ils parlent. A commencer par les assureurs… Sont-ils au courant de comment se déroule un accouchement à la maison? Savent-ils que les sage-femmes n’acceptent pas toutes les grossesses, et pas toutes les conditions? Savent-ils que les sage-femmes ne prennent pas de risque, quand il y a un soucis et transfèrent leur parturiente en maternité? Connaissent-ils les chiffres réels des accouchements à la maison?

Non.

Comme l’Etat pseudo-laïc ne connait rien à l’Islam à vouloir dévoiler toutes ces femmes soumises.

Ces bonhommes, sur leurs fauteils en cuir, qui ne savent rien, à part manger du caviar, faire le tour du monde en balançant des lois comme ça leur vient dans leur tête… C’est beau, hein.

Pays de guignol… Après, on se demande pourquoi je ne vote pas, pourquoi je ne veux pas être représentée dans ce pays. Représentée par qui? Par ces pitres? Mais placez-les dans un cirque, ou dans un ghettos qu’ils apprennent la vraie vie!!!!!!!!

En colère, aujourd’hui. En colère et triste.

Avenir incertain pour mes prochaines grossesses, je n’aime pas cette idée. Mais je m’opposerai à ce qu’ils veulent m’imposer, car j’estime être dans mon droit…

N’oubliez pas de soutenir le mouvement avec cette pétition. Merci à vous.

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14 commentaires

  1. Sarah Oum Noussayba · octobre 1, 2013

    Que Dieu nous vienne en aide. J’ai décidé que je ne remettrais plus les pieds en milieu hospitalier pour accoucher. En l’absence de vraies maison de naissance, l’AAD était mon seul choix envisageable. Aujourd’hui, on nous ferme cette porte. Concrètement, je fais comment?

    • Salwa · octobre 1, 2013

      Concrètement, je suis dans le même cas que toi… Soit on courbe l’échine et on se plie à ce qu’ils nous imposent de force, soit on joue aux têtes brûlées au détriment de la sécurité …
      Pour moi, mon choix est fait. Et je place ma vie entre les Mains de Dieu.

  2. selem alaykoum, je te mets un lien d’une émission dont je n’ais vu que la fin, mais qui m’a fais pensée à toi direct. Ton article viens de me faire rappeler que depuis je voulais te l’envoyer donc voilà chose faite boussa boussa

  3. soraya · octobre 1, 2013

    Allah y sahel… A vos douas mes soeurs la loi d’Allah azawajal est plus belle, plus noble, plus respectueuse, plus de tout en fait! A nos douas! Il nous a insufflé la raison, on est faible certes, mais capable! A nos douas et vos sabab (potassons, cherchons, lisons)!!! Demandons au Meilleur des Donateur. Wa Salem.

  4. Leila · octobre 1, 2013

    Pourquoi ces faux débats??? En Belgique, les aad sont pratiqués et il existe quelques vraies maisons de naissance. Insuffisant peut-être, mais au moins le choix existe, dans le respect de chacun. Et je ne parle pas de ma Hollande où les aad sont légion. L’exemple des pays voisins prouve que la justification de la sécurité est fausse puisque ça se passe bien!

    Courage aux mères désireuses de défendre leur liberté dans leurs accouchements, dans leurs vies…

    • Salwa · octobre 1, 2013

      Faux débats tu l’as dit…
      Argent, fausse valeurs…
      Je ne vois rien d’autre…

  5. Mahdiya · octobre 2, 2013

    salam Aleykoum

    après il reste l’alternative de l’accouchement en plateau technique : tu es certe à l’hopital mais pour quelques heures seulement et seulement avec ton mari et ta sage femme, pas d’intevenant extérieur sans demande de ta part ou transfert obligatoire pour probleme.

    Bref tu rentre chez toi 2h après et t peut arriver quand le travail est déjà bien entamé, tu accouche comme à la maison, dans le sens ou rien n’est imposé, tu es aussi libre que chez toi, il n’y a que le lieu qui change, alors je sais que c’est quand même pas comme être chez soi, mais ça n’as rien à voir avec un accouchement à l’hopital !

    en tous cas oui, comme toujours on utilise les minorité et on les  » brûlent sur le bucher « 

    • Salwa · octobre 2, 2013

      Salam Alaykom
      C’est vrai qu’il reste les PT.
      Encore faut-il qu’il y en ait plus ou moins proches de chez toi (c’est comme les sf AAD, ça court pas les rues…)

      Et puis, pour certaines femmes ça peut être une sacrée démarche que de remettre les pieds dans une salle d’accouchement (moi, en l’occurrence).
      Et les sf pour PT, c des libérales aussi… Elles sont assurées comment? Ne sont elles pas soumises à cette moi debile?

    • F. · octobre 2, 2013

      Les plateaux techniques… C’est pas souvent que les hopitaux laissent rentrer les sages femmes libérales. Mais bon.
      Moi ce qui me frappe dans ton texte Salwa, c’est la révolte. Et ta révolte me fait chaud au coeur 😉

  6. Pingback: Revue de presse MM du 5 pctobre 2013 - M.M Blog – Materner avec un grand Aime
  7. Justine · octobre 13, 2013

    Oh je suis triste moi aussi j’aurais aimé pouvoir faire un AAD le jour où je serais enceinte.
    J’espère que d’ici là les choses changeront ainsi que les mentalités.

  8. Pingback: Soutien pour le libre de choix du lieu d’accouchement. | Le Blog d'une Maman Musulmane Maternante

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