« On n’est pas toutes égales, face à la douleur. »

Combien de fois ai-je lu, entendu cette phrase? Et elle me met hors-de-moi… Non, bien sûr que non, nous ne sommes pas toutes égales face à la douleur, mais tout de même… Je ne présente pas mes accouchements comme des batailles gagnées par une warrior, je ne veux pas non plus qu’on minimise la douleur que j’ai ressenti, juste parce que je revendique le fait de ne pas vouloir de péridurale ou d’analgésie.

On n’est pas toutes égales face à la douleur, peut-être. Cependant, j’ai douillé. Et bien douillé. J’ai même dérouillé, à tel point que je perdais pied et que ma tête m’en tournait. Je croyais que j’allais mourir. Ma douleur était présente, et comme une autre, dans ces instants insidieux où la mort se mêle à la vie, je ne savais rien gérer du tout. Alors, oui, ça me met en rage de lire « on n’est pas toutes égales face à la douleur ».

Et je ne suis pas une maso, parce que je refuse de me faire poser une péridurale. Et je ne suis pas une maso parce que je préfère rester chez moi pour éviter de succomber à la tentation de cette maudite péri.

Quand on parle d’accouchement sans péri, les hauts cris arrivent : « ah non, on ne va pas culpabiliser les mères, quand même! » Et bien, je n’en peux plus… Culpabilité par-ci, culpabilité par-là… Si culpabilité, il y a, c’est que la personne se remet en cause toute seule. Je ne suis pas là pour faire un procès à toutes les mères qui accouchent sous péri et/ou qui ne veulent pas allaiter. Non, ce n’est pas mon genre, je l’ai déjà dit et redit : faites ce que bon vous semble ; ici, j’exprime juste mon opinion.

Quand une mère vient me dire : « j’ai accouché sans péri, et je me sens vraiment mère », je n’y vois aucune culpabilisation. Si d’autres en voient, c’est qu’elles ont un problème de relationnel très fort. D’autres mères peuvent très bien se sentir à fond dans leur rôle de maman en ayant eu recours à la péridurale… MAIS qu’on vienne pas nous dire que si on a accouché sans péri, c’est juste parce que pour nous, la douleur n’est pas la même, et qu’on a une meilleure résistance à la douleur!

On teste, et on tâtonne, et on agit suivant nos convictions profondes. Je ne pense pas que je sais gérer la douleur d’un accouchement. Très sincèrement. Quand je me souviens des naissances de mes enfants, je me revois, gesticulant, hurlant, en sueur, en priant pour que ça s’arrête. Je me croyais mourir. Si ma peur d’un tel acte chirurgical n’était pas présente, j’aurai certainement cédé, et aurai couru en maternité pour me faire faire une incision dans la colonne vertébrale.

Ce n’est pas face à la douleur que nous ne sommes pas égale. C’est face à la peur, l’angoisse, la terreur… Ma peur a pris le dessus. Et la douleur a fait le reste.

Que des mères qui ont accouché avec, puis sans, sentent la différence, je veux bien le croire. Qu’elles se sentent « plus mères », laissez-leur ce droit! Et le droit de l’exprimer. Pourquoi vouloir les faire taire, en ayant peur de « culpabiliser » celles qui font le choix d’accoucher sous péri, alors qu’elles n’en sont qu’au 5e mois de grossesse?

La péri est un choix, ou un non-choix, comme j’aime le rappeler. Un non-choix, car pour un vrai choix, il y aurait plusieurs alternatives proposées. Là, c’est plus un choix imposé par des phrases sournoises : « Vous n’allez pas vous laisser souffrir comme ça, quand même ». Juste parce qu’aujourd’hui, c’est « normal » de ne plus ressentir de douleurs quand on accouche. Juste parce qu’aujourd’hui, c’est « facile » pour toutes choses… Surtout pour les équipes médicales qui endoctrinent pas mal dans ce sens-là (plus de facilités pour elles aussi…).

Il y a des péridurales qui deviennent une nécessité, et je ne le nie pas. Il y a des femmes qui résisteront, mais pas forcément parce qu’elles ne ressentent pas de douleur… Peut-être juste parce qu’elles ont peur?

Mais, ce n’est pas parce que j’ai décidé d’accoucher sans intervention médicale, quelqu’elle soit, que je suis insensible à la douleur… Non. C’est une question de trouille. Ne niez plus ma douleur… Ni mon bonheur.

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2 commentaires

  1. oum mohammed · octobre 16, 2013

    salam alekom,comme je comprends le sens de cette phrase »pas toutes egales face a la douleur »c’est plutot dans le sens moral,certaines vont avoir le courage d’accoucher sans peridurale et d’autres non,comme certaines vont accepter la polygamie et d’autres non,chacune a des dispositions differentes face a chaque situation de vie,

  2. islamie · octobre 17, 2013

    Salam aleykoum
    alors pour ma part, voilà ce qui s’est passé pour ma fille, j’ai accouché il y a peu, wal hamdoulah: j’étais partie pour la péri meme si ayant davantage confiance en moi je me disais que je pourrais accoucher sans: donc j’ai géré les contractions jusqu’à 3 à la maison sans pbm, ensuite à l’hopital ca allait encore et je me disais que je pourrais accoucher sans, et puis finalement je me suis dit, bon je prends la péri ça sera plus simple! alors ensuite j’ai eu le droit à l’ocytocyne et la la sage femme me dit, on vous met l’ocyto et ensuite on reviens pour la péri…..
    Sauf qu’ils m’ont jamais mis de péri, l’anesthesiste etait occupée avec des cas plus urgent, notamment hemorragie de la delivrance pile au moment ou elle devait me piquer, donc j’ai douuuuuuuuuuuuuuuuuuuillé, c’est clair et je suppliais pour avoir la péri mais ils pouvaient pas me la donner! en plus des contractions sous ocyto, aie aie aie.
    donc j’ai du malgré moi « avoir mal », de chez mal, et en meme temps pour me consoler je me disais t’inquiete ca va passer, ça peut QUE passer et……..puis soudain j’ai eu envie de pousser, pousser! et j’ai accouché en meme pas cinq minutes! et ce fut un accouchement magnifique, bon en meme temps quand les contractions se sont arretées, ahhhhh, c’était mieux!
    Ce que je veux dire c’est que oui j’ai accouché sans péri, je suis contente de moi loool parce que je pensais pas en etre capable!!!mais QADAR ALLAH pas de péri possible donc il a fallu aller jusqu’au bout et….oui c’est un sale quart d’hure à passer….mais ça s’arrete et puis surtout l’accouchement est hyper facile, enfin dans MON cas à moi!
    Si on apprenait aux mamans à gérer cette douleur ATROCE, à ne pas en avoir peur, à avoir le mental assez fort en se disant » ca va passer et ca va faciliter la sortie de bébé », si on accompagne aussi( nan parce que etre toute seule a gerer les contractions dur dur, c’est mieux quand quelq’un est avec vous comme les « anciennes  » quoi), etc etc, alors peut etre que des femmes comme moi ( manque de confiance, peur de la douleur) pôurront aller au bout de ce processus naturel et a un moment on a tellement envie de pousser….ça soulage et c’est la en fait que ça se termine avec l’expulsion de bébé….
    Soubbhanalah, c’est duuuuuuuuuuuurr, c’est certain,mais c’est beau comme accouchement, je regrette pas du tout au contraire! c’est paradoxal en fait! on a mal trop mal mais : ça passe, c’est une douleur utile, mais faut faire face à cette douleur
    et moi qui pensait ne jamais accoucher de ma vie sans péri, QADAR ALLAH, HAMDOULAH, j’ai accouché sans et j’ai réussi, et j’en suis ravie et je sais ce que ça veut dire maintenant POUSSER, en fait ce sont les contractions qui font tout le travail, la poussée est naturelle, c’est miraculeux ( pour mon premier enfant péri pas pareil du tout! surtout pour la poussée) et la poussée qu’estc-e que ça soulage….

    voila pour mon temoignage!
    islamie
    wassalam

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