Tout est dans l’intention

Ces derniers temps, mes articles tournent autour de l’entourage et des remarques surtout. C’est un gros sujet qui me tient à coeur, parce que je me rends compte que c’est le problème numéro un que rencontre une femme nouvellement mère. Et même pas encore mère. Et pire encore quand c’est son premier enfant.

Je me souviens de ma première grossesse qui remonte à 8 ans, maintenant… Enceinte, tu es à fleur de peau, et tu te prends pleins de remarques. Enceinte du premier, tu es pleine d’idées sur l’éducation, et sur ta façon dont tu t’occuperas de ton bébé. Ces idées, elles sortent d’où? De ton milieu familial, de ton entourage, de la cousine machin. Qui ne s’est pas dit, enceinte, en voyant un bébé/bambin/gamin agir de telle ou telle façon : « pffff, le mien je ne le laisserai JAMAIS faire ça. » Si une maman ne s’est jamais dit ça, qu’elle lève le doigt, parce que chapeau.

Avant d’avoir un bébé, on est pleine d’a priori, c’est pas une honte, c’est logique. On vit dans notre entourage, avec nos règles et nos traditions familiales. Et même si on a l’idée de bouleverser nos traditions familiales, notre champ d’action est plus ou moins large.

Et puis, bébé est là. Et là, c’est le défilé. Tout y passe : de la façon dont tu le portes, dont tu l’allaites, dont tu le couches, dont tu lui parles, dont tu changes sa couche, parfois même dont tu le regardes. Ta tête explose, parce que « les anciennes savent », les « primipares sont passées par là », parce que « on ne naît pas maman, on le devient et ça s’apprend ».

Avec les hormones, il y a plusieurs réactions à ce genre de situation…

Réaction n°1 : c’est celle de la maman trop fatiguée, pas trop sûre d’elle (mais qui est vraiment sûre de soi avec un être précieux dans les bras?), à qui on a bien fait sentir qu’elle était jeune, que c’était une sacrée responsabilité, que maintenant elle se devait d’être sage, et responsable de cette petite vie, blablabla… En écoutant tous les conseils, elle va tenter de tout suivre exactement comme on lui dit. « Laisse le pleurer, il va apprendre à faire ses nuits, si tu interviens tout le temps, il prendra de mauvaises habitudes et te réclamera tout le temps. » « Une fois qu’il a tété, qu’il est changé, c’est bon, il n’a plus de raisons de pleurer, c’est des caprices, ne le prend pas, il va s’habituer aux bras. » « Il tète trop, il prend trop de poids, il va devenir obèse, et tu réponds à ses pleurs, c’est pas bon. » … La maman va finir par se résigner et se convaincre du bien-fondé de ces remarques.

Réaction n°2 : c’est celle de la maman qui a la tête dure comme la pierre, et qui ne veut rien entendre de personne. Elle peut même aller jusqu’à faire strictement l’inverse de ce que l’on dit de faire, simplement : « pour embêter les donneuses de conseils »… Et bien souvent, cela conduit au clash familial (ou amical, ou très souvent médical). Elle SAIT ce qu’elle doit faire car elle le SENT. Mais elle a l’impression que le monde entier est contre elle, et veut tout faire pour faire capoter sa relation avec son bébé. Elle rentre dans une spirale de revendication, de combat.

(Oui, j’ai longtemps eu cette réaction n°2…)

Mais au final, qu’ont-elles, toutes celles qui sont déjà passer par là, à donner des conseils à tout va? Que cherchent-elles? Quels sont leur but?

Si ma mère est venu me dire, quand mon fils aîné n’avait que quelques mois : « Laisse-le pleurer, il va apprendre à faire ses nuits. », ce n’était pas pour nous faire souffrir mais pour qu’il apprenne à dormir, et que je dorme aussi… SELON ELLE. Elle ne cherchait donc que mon bien. Son intention première.

Quand une tante, une cousine, une amie, vient dire à une jeune maman qui a des soucis pour allaiter : « tu es trop fatiguée avec tout ça, le biberon c’est aussi bien, tu sais. » ça mettra la jeune mère en colère, certainement, parce qu’elle a mis tout en oeuvre pour y arriver, qu’elle a peut-être dû allaiter avec douleurs tout ce temps, ce n’est pas pour arrêter comme ça… Mais l’intention première de la personne, c’est lui donner un conseil pour lui simplifier la vie… SELON ELLE.

Se replace-t’on assez dans la vision « de l’extérieur », de ceux qui voient, mais qui ne ressentent pas? Ceux qui nous aiment et qui nous voient, mais qui ne sont pas à notre place?

C’est tout à fait la même chose quand le mari accompagne sa femme pour la mise au monde de son bébé, et, ne supportant pas de la voir souffrir, lui dise : « prends la péri, ça ira mieux ».

Le soutien actuel que l’on a, en tant que maman, dans notre maternité ne se résume plus qu’à des conseils maladroits, et des produits « miracles ». L’entourage est devenu incapable de recevoir les difficultés de l’autre sans se projeter soi-même, ou sans prendre le temps d’écouter : trouver des solutions au plus vite. Mais l’intention reste la même : pour le bien de cette maman.

Sois-en sûre. Je suis prête à parier que le plus grands nombres de conseils maladroits donnés sont faits dans l’intention d’aider l’autre… avec ses propres convictions.

C’est un vrai souci de communication. L’entourage a souvent des effets iatrogènes… Mais au fond de nous, soyons sûr qu’il ne s’en doute pas…

(Cet article fait écho à celui-ci, celui-là, et encore çui-là)

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10 commentaires

  1. amélie · octobre 22, 2013

    Personnellement, avec tout ce que j’ai vu/entendu/reçu comme ‘conseil’… Je ne pense pas que les gens ne se doutent pas ou pensent uniquement à bien. Pour certains (certaines surtout en fait), se décharger de ce qu’on a pas réussi à faire en faisant culpabiliser est un vrai sport. Quand on te fait comprendre 20 000 fois que ton gamin collé à ton nichon est une moule sur son rocher et que tu en feras un assisté, crois moi, tu sens que la réflexion n’est pas sympathique… Mais je ne te dis même pas de qui ça vient, tu t’en doutes déjà 😉 Le soucis, c’est que des mères à la manque ou des nanas frustrées, il y a en a partout et toujours promptes à venir gâcher TON bonheur parce qu’elle ne l’on pas connu, elles. L’important, c’est de toujours s’écouter et de savoir se séparer de ce qui parasite le rapport que l’on trouve normal avec son enfant; que ce soit le biberon, le transat, le parc, la tétée, l’écharpe ou que sais je… Quand on est en accord avec soi même, qu’importe la force de conviction des gens en face, il faut bien intégrer qu’on SAIT parfaitement si on s’écoute ce qui est bon pour soi et son enfant. L’entourage ne fait qu’ajouter un poids à une relation qui peut bien démarrer si on lui laisse le temps de démarrer… Peut être parce que j’ai toujours laissé de côté les conneries débitées pendant l’enfance des miens? Pourtant, j’en ai entendu, mais même si j’ai douté (qui n’a jamais douté?… ) je savais, au loin, que je faisais en fonction de ce que mon coeur ressentait. Même à 22 ans, quand tout le monde me rabachait que dormir avec mon bébé allait faire de moi une mère infanticide ou à 31 quand on m’a dit que faire un bébé en étant obèse allait faire de mes enfants des orphelins… Ces belles mentalités, ces jolies paroles, ces magnifiques paquets cadeaux renfermant beaucoup de fiel, j’ai eu mon lot… Mais il faut apprendre à passer au dessus. Devenir mère est instinctif quand on prend le temps de s’écouter, mais apprendre à ne pas écouter les autres pour ne pas gâcher ce don, quelle difficulté…
    J’essaie de ne pas être intrusive quand je rencontre une toute fraiche maman. En me disant juste ‘Et moi? Est ce que j’apprécierai qu’on me donne tel ou tel conseil?’ je sais ce qui ne se dit pas… Si tout le monde pouvait réfléchir avant de parler, le monde serait peut être moins pénible à vivre parfois!

    • Salwa · octobre 22, 2013

      Hello Amélie, je suis contente que tu laisses ta trace par ici 🙂
      Je sais pertinemment qu’il y a quelques poisons sur Terre, les envieux, etc… Oh que oui 🙂
      Et si tu relis mon article, je parle dans une forme globale…
      Je ne parle pas d’êtres malades et rongés par la jalousie 😉

      • amélie · octobre 22, 2013

        Je sais, j’ai tendance à généraliser, c’est vrai 😉
        Peut être que je connaitrai enfin les conseils bienveillant même si envahissant… Parce que c’est une situation inconnue pour moi ^^ J’ai été la maman n°2 aussi… Toujours méfiante. En fait, je crois que je le suis encore… Malheureusement.
        Reste à apprendre à voir le bien en l’autre et ça, c’est pas facile 😉

        • Salwa · octobre 23, 2013

          D’un autre côté, tu étais en permanence dans un milieu assez destructeur… C’est tout nouveau ton ascension à côté des gens « qui vont bien », et j’ai envie de dire « normalement constitués » (sans te blesser, hein)… Tu as beaucoup accumulé tes premières années de vie… et les suivantes, jusqu’à ta vie avec Mr.N. 😉

          • amélie · octobre 23, 2013

            Exactement 😉 Je sais que je ne viens pas d’un milieu sain, malheureusement. C’est très dur d’accepter quand tu as enfin accès à tout ce côté ‘normal’ de la nature humaine 😉
            J’apprends à apprécier la sollicitude maintenant ^^ J’ai juste peur de reprendre les vieux réflexes de méfiance… On verra 😉
            Bisous ma Salwa 😉

            • Salwa · octobre 23, 2013

              C’est la logique même de l’espèce…

  2. sanaa iman · octobre 22, 2013

    As salam alaykoum Salwa,

    Encore une fois, je suis entièrement d’accord avec toi!

    Et si je peux me permettre, je te trouve bien plus mesurée et nuancée qu’à l’accoutumée, tu sais ? Lorsque tu te transformes en maman numéro 2!

    😉

    J’ai un remède infaillible pour toutes les nouvelles mamans qui doutent, qui écoutent, qui tâtonnent, qui reculent… FAITES LE DEUXIEME TRES VITE, et même le troisième dans la foulée! C’est radical! Par manque de temps et de patience, on n’écoute plus que soi, et surtout on a des automatismes de malade!!!! On s’organise, on rebondit vite, on analyse symptômes qui nécessitent ou non visite médicale…. bref, j’ai l’impression parfois d’être à l’usine! Mais qu’est-ce que je peux etre détendue à ce niveau là à présent! Par contre, avec 3 enfants en 3 ans et demi, on prend 20 ans dans les dents!

    Wa salam!!!

    • Salwa · octobre 23, 2013

      Salam Alaykom Sanaa,

      Je te remercie pour ton commentaire 🙂
      Je suis « mesurée » quand je suis calme. Là, je m’apprête à faire un article moins mesuré, parce que je viens de lire quelque chose sur le net qui me fait dresser les cheveux sous le voile!

      Quand tu prends les choses avec du recul, c’est toujours mieux. Seulement, ce n’est pas toujours possible… Et souvent, très souvent, mon blog est mon exutoire, et j’y balance mes émotions comme elles viennent m’envahir 😉

      Pour faire les suivants très vite… Chacun son idée. Je n’ai pas ton rythme (« seulement » trois en 5 ans 😉 ), mais là, la fatigue prend le dessus, même si le désir de grossesse, d’accouchement et de maternité est très fort en ce moment 😉

  3. Pingback: Revue de presse du 27 octobre 2013 - M.M Blog – Materner avec un grand Aime
  4. dzmaman · octobre 28, 2013

    Et si c’était a l’entourage de se mettre à notre place et dire cette femme cette mere doit apprendre par son propre instinct d’écouter et de comprendre son enfant et de respecter cette nouvelle relation tellement exceptionnel qu’à une mere avec son nouveau né et la laisser construire sa propre expérience baser sur ses propres fautes et ses réussites. Moi je pense qu’il aime bien fourré leur nez partout surtout si on vit ensemble. J’acceptaiq plus facilement les conseils de ma mere car elle je sentais qu’elle ne voulait que mon bien être mais du cote de la belle famille des que je ne prenais pas leur conseils sa parait dans tous les sens avec mon mari car mes explications étaient rationnel et il les deffendaient. Je me rappelle comment ma belle entrait dans ma chambre des que mon fils se réveillait elle le prenait elle lui préparer un biberon et je me levais super énervé 10 mn Apres avec les seins qui coulait de lait et mes vêtement tromper de lait et mon fils qui ne voulait pas téter car il était repu. La en se moment le meme sentiment de colère et meme de haine me submerge a l’instant meme et je ne leur pardonnerais jamais qu’elle voulais bien faire ou pas je m’en fou je ne pense qu’au mal qu’on ma fait et de cette peur que j’ai encore que mon fils ne m’aime plus et que j’ai continuer coute que coute l’allaitement mixte jusqu’à six mois et des qu’il refusais mon sein un sentiment de n’avoir pas était a la hauteur pas un bon mere c’etait un échec qui
    Se répéter plusieurs fois par jour a la fin je n’en pouvais plus et quand il a plus voulu de mon sein sa m’a soulagé d’un poids car le combat était fini mais j’ai senti qu’il me rejeter aussi alors Voila ce que les remarques et les conseils de l’entourage font. Ils ont faillie me détruire ils m’ont cassé. Je ne leur pardonnerai jamais.

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