Société

Société… Quelle société es-tu? Triste, triste avenir… Nous voilà entrés dans cette période de « répit »… Laisse-moi rire. « Bonheur, amour, santé ». C’est toujours comme ça les deux mois qui viennent. Et puis, tout reprend la routine pire qu’avant, moins pire qu’après. Vers quoi allons-nous? Pessimiste, moi? Non, je te le promets. Je suis plutôt une utopiste, et je crois à mes rêves, je crois à mes gestes, je crois au bonheur universel.

Mais cette société, indifférente, me donne souvent envie de fermer les yeux et de tout laisser tomber. Les gens ne vivent plus les uns avec les autres, mais les uns à côté de autres. Les exemples flagrants, sont les couples que tu croises, chacun, un téléphone greffé soit à l’oreille, soit au bout des doigts. Se parlent-ils par texto? Sûrement plus facilement qu’en face à face. Société, où tout est bon à prendre, pour quelques temps, puis à jeter pour en racheter.

Société de consommation. Société, me dites-vous? Non. Esprit. Cela a tout envie. Partout, comme un souffle qui s’infiltre dans toutes les strates de ta vie privée, de ta paire de chaussette, à ton mari ; de ton mouchoir à ta présence sur Terre… Consommons. C’est ancré en nous. Nous avons le pouvoir de l’argent. Et quand nous avons pas l’argent, nous faisons semblant de l’avoir via des crédits, des paiements en plusieurs fois… On s’enterre sous nos avoirs. Avoir, avoir, avoir… Paraître, paraître, paraître. Et les coeurs sont vides. Creux. Comme nos cervelles. Nous mangeons ce qu’on nous donne à manger. Ma foi, boeuf ou cheval, quelle différence… Aaah, mais ça touche à notre porte-monnaie, alors on s’emporte. Il ne faudrait pas être en rade d’euros pour le dernier objet tant convoité.

Nouveau smartphone, l’ancien est déjà démodé. De toutes façons, il ne fonctionne plus correctement : il a plus de deux ans. Nouveau mari, les sentiments ont disparu, c’est facile de jeter, plus simple que d’essayer de réparer. Et la toute nouvelle idée qui germe dans les esprits : nouvelle planète, à la conquête de l’espace… La Terre devient invivable… Et c’est tellement d’énergie que d’essayer d’en faire quelque chose.

Société actuelle, qui accède à des rêves dont on ne pouvait imaginer il y a 20 ans… Société blasée. Tout est normal, on prend, on jette… On rachète, on rejette.

Où sont passés nos cordonniers? Nos petits repriseurs de quartier? Nos petits réparateurs électroniques de génie? Disparus, engloutis par la vague consommation. Pourquoi réparer un objet démodé… Pourquoi?

On veut tout, tout de suite, maintenant. On ne sait plus attendre, on ne sait plus savourer. On claque des doigts, et on l’obtient…

Alors dis-moi, quelle goût elle a, ta vie? Si tu ne jouis plus de ce que tu as, tellement impatient d’avoir le suivant, encore plus beau, plus NOUVEAU. Nouveau, dernier modèle, hi-tec…

Tout en prend un coup. Jusqu’aux traditions. Tout se change, tout se modernise. Tout, mais trop. On ne laisse plus de place à la saveur… Que nous promet la suite des années???

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7 commentaires

  1. alex · décembre 24, 2013

    Tes premiers mots me font penser à ce texte qu’un de mes profs nous a cité, il m’a donné la chaire de poule : « Déjà la cohue des rues a quelque chose de rebutant, quelque chose contre quoi la nature humaine s’insurge. Ces centaines de milliers d’individus de toutes classes et de toutes conditions qui passent en se coudoyant les uns les autres ne sont-ils pas tous des hommes, ayant la même nature et les mêmes facultés et le même intérêt à être heureux ? N’ont-ils pas tous en somme, à rechercher leur bonheur par les seuls et les mêmes moyens et chemins ? Et pourtant ils passent en courant les uns près des autres, comme s’ils n’avaient absolument rien de commun, rien à faire les uns des autres ; et pourtant le seul accord qui existe entre eux, c’est la convention tacite que chacun se tienne sur la partie du trottoir qui est à sa droite, afin que les deux courants (…) qui se précipitent parallèlement ne se retardent pas l’un l’autre ; et pourtant, il ne vient à aucun l’idée d’honorer les autres ne fut-ce que d’un regard. Cette brutale indifférence, cet isolement impitoyable de chaque individu sur ses intérêts particuliers produisent un effet d’autant plus rebutant, d’autant plus blessant, qu’un plus grand nombre de ces individus se pressent ensemble sur un petit espace ; et quoique nous sachions que cet isolement de l’individu, que cet égoïsme borné est partout le principe fondamental de notre société d’aujourd’hui, il ne s’étale nulle part aussi impudemment, aussi consciencieusement que dans la foule de la grande ville. La décomposition de l’humanité en monades, dont chacune a un principe de vie à part et un but à part, le monde des atomes, cela est ici poussé à son plus haut point. »
    Ce texte n’a pas été écrit hier, ni même dans ces années 1960 au début de l’ère du « métro-boulot-dodo ». Il date de 1845.

    • Salwa · décembre 24, 2013

      Ce texte me dit quelque chose… Ce n’est pas du Zola, c’est trop tôt, il était enfant en 1845… De qui est-ce?

      • alex · décembre 24, 2013

        hihihi , et non.
        voici la réponse et je me permets de rajouter la partie de son cours qui suivait cet extrait! J’aime énormément!! (si tu veux ,je peux te passer tout son cours qui est vraiment très enrichissant!!)

        Son auteur n’est autre que le célèbre Friedrich Engels, compagnon de Karl Marx. Il l’a écrit à la suite d’un séjour dans les grandes cités ouvrières d’Outre-Manche, séjour qui lui donna l’occasion d’écrire son premier ouvrage, La situation des classes laborieuses en Angleterre, tableau terrible de la misère effroyable frappant le prolétariat anglais de Londres, Manchester et d’ailleurs. Ce fils d’industriel allemand, âgé de 25 ans, en revînt révolté.
        160 ans plus tard, ce court texte n’a rien perdu de sa pertinence. Les politiques néolibérales que nous subissons depuis une trentaine d’années veulent faire de nous des êtres calculateurs, des homo economicus indifférents aux autres, seulement concernés par leur survie économique, leur réussite sociale et leur confort personnel ; des homo economicus apathiques et auto-centrés, narcissiques voire misanthropes, à l’écoute de leur Moi profond et des bonnes affaires commerciales du jour. Cet homo economicus est à cent lieues du citoyen habité par l’idéal du « bien commun » et de l’intérêt général.

        • alex · décembre 24, 2013

          Tu sais, je ne pense pas que la majorité des gens soient complètement indifférents au « bien commun » , que leur coeur soit vide , qu’ils ne vivent que pour consommer encore et encore… Je pense que c’est exactement ce que l’on peut penser si l’on regarde les médias, les pages facebook, les forums… Tout ceci n’est qu’une facette que chacun alimente comme il l’entend. Les médias, la télé et ses pubs, ses reportages, ses sondages, ses émissions …. Moi je ne vois pas cela autour de moi. Franchement non, je ne ressens pas cette course à la conso. Salwa toi tu la ressens vraiment parmi les gens que tu côtoies,et non ceux du net.?

          • Salwa · décembre 25, 2013

            Malheureusement oui… Pas au quotidien, mais par rapport aux personnes auxquelles je suis confrontée à « l’extérieur » de mon cocon…

  2. soraya · décembre 25, 2013

    Tu la connais la suite  »des années »… Une belle prophétie, en perspective des années d’or, après TOUT ÇA (tellement horrible que je ne peux le nommer).
    Accrochons nous par Sa Puissance, aidons nous par Sa Grace, aimons nous en Son Nom.
    Allahu akbar.

  3. May · décembre 25, 2013

    As salamou alaykoum Salwa,

    Moi aussi je ressens très fort ce mouvement de consommation. Et j’en ai un fort sentiment de dégoût, tout comme toi. Mais je trouve que cela ne se ressent pas vraiment au niveau individuel, plutôt d’une façon très globale.

    Le problème, c’est que tout est fait pour qu’au niveau individuel, nous participions de façon plus ou moins consciente à tout cela.

    J’ai bien aimé le texte de F. Engels partagé par alex.

    Qu’Allah te préserve!

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