Il parait que c’est un choix

afficheallaitementmaternel

Ça… c’était avant !

Il y a un mot cher à la population occidentale, c’est « le choix ». Tiens, ça me replonge dans l’émission que tu n’as peut-être pas connue, d’Evelyne Thomas : « c’est mon choix ».
Des invités, tous plus farfelus les uns que les autres, avec leurs choix qui pouvaient paraitre bizarres. Entre l’une qui ne jurait que par le bleu, et ne s’habillait qu’en bleu, ne se maquillait qu’en bleu, avait des cheveux bleus, une chambre bleue (et mangeait des schtroumpfs, sûrement…) ; un autre qui avait décidé de se nourrir d’assiettes en faïence ; ou de celles qui avaient décidé de ne jamais se couper ni les cheveux ni les ongles… Voilà le thème de l’émission : c’est leur choix.

Un mot que l’on hurle à longueur de temps : « c’est mon choix, laissez-moi si ça ne vous plait pas ! » Dans l’absolu, oui. Je n’ai rien à dire contre cela. Que tu te promènes avec un plumeau dans le derrière (comme dirait ma mère), ou que tu décides de faire le tour du monde en marchant sur les mains : c’est ton choix, je ne vais pas intervenir, ni même le juger. Fais ce qu’il te plait : tu es le seul responsable et le seul qui en assumera les conséquences. Point de moquerie pour quelque choix personnel qu’il soit.

Mais dès lors que tu y impliques une seconde personne, ce choix n’en est plus un. Ou du moins, il doit être réfléchi plusieurs fois, sans oublier de prendre en considération les besoins et les répercussions sur l’autre personne. Si tu veux faire le tour du monde en solitaire à cloche-pied, vas-y, ça n’engage que toi. Par contre, si tu veux m’embarquer dans cette aventure, en faisant une course à pieds-liés… assure-toi de mon état d’esprit avant le voyage, de mon état de santé, et surtout, surtout, de ma motivation à te suivre dans tes idées abracadabrantes.

Mais alors, quand la seconde personne ne peut pas encore s’exprimer en langage compréhensible pour toi, cela voudrait-il dire que cette personne n’a pas son mot à dire dans TON choix ? Ce choix dans lequel tu l’embarques sans mot dire, sans lui demander son avis, sans t’assurer de son état d’esprit, de son état de santé et surtout, surtout, de sa motivation à te suivre… et à engouffrer ce biberon ?

STOP. Il y a une nette différence entre celles qui ont décidé de ne pas allaiter, et celles qui donnent le biberon par dépit, manque d’informations, de soutien.
Il y a des femmes, qui même pendant leur grossesse, décident de ne pas allaiter. Pourquoi ? Parce que. Parce qu’on leur fait croire que c’est un choix qu’elles ont. Genre.

C’est devenu un choix depuis que les industriels de lait en poudre sont sur le marché. Là, c’est devenu un choix. Va voir ailleurs, si c’est un choix d’allaiter. Va voir ailleurs, si les femmes se posent seulement la question : « est-ce que je vais allaiter mon enfant ? » Bien sûr que non. Est-ce que tu te demandes, toi : « est-ce que je vais me nourrir ? » Pas que je sache. Tu as faim, donc tu manges.

Mais, Nestlé, Gallia et compagnie ont réussi à te mettre en tête que c’est un choix. Que c’est TON choix. Et désir de satisfaire tout le monde : c’est aussi un peu le choix du papa. Faut bien qu’il donne le biberon, hein, et qu’il participe à l’éducation du bébé. Quelle blague…
Combien de papas donnent le biberon tous les jours depuis la naissance jusque 6 mois, y compris la nuit ? Levez la main, je vous prie.
Bien… imaginons que c’est un choix parental… Est-ce que tu as seulement essayé de demander l’avis de ton bébé ? Car c’est bien de lui qu’il s’agit. L’allaitement, c’est une histoire à deux (même à trois avec le papa), mais dont le sujet principal… ce n’est pas toi, la maman, mais bien ton bébé.

Alors, oui, la maman aussi est une actrice principale. C’est sûre. Mais disons que les répercussions les plus importantes, du non-allaitement, même si la maman en subit également beaucoup (si, si, crois-moi, ne pas allaiter entraîne tout un tas de truc pas cool non plus, dont Nestlé se garde bien te dire), le bébé en subit beaucoup plus.

Je ne vais pas citer ici tous les avantages de l’allaitement et pour le bébé, et pour la maman… Internet en regorge, tu peux y jeter un oeil. Ton pote Google se fera une joie de t’envoyer sur tous les sites qui les énumèrent. Y a des bouquins à profusion sur le sujet également. Même les industriels de poudre ont été obligé de dire que le lait maternel est la nourriture la plus adaptée à ton bébé, donc bon.

Moi, je suis juste là parce que tu me fais croire que c’est un choix de ne pas allaiter. Moi, je te réponds que c’est une excuse bidon et grossière. Un choix qui porte préjudice à d’autres, ce n’est pas un choix. Quand un taré décide de faire des courses poursuites à 150 km/h en plein centre-ville, ce n’est pas un choix. Quand un malade à la tête d’un pays décide de décimer un peuple, ce n’est pas un choix. Le non-allaitement, ce n’est pas un choix. C’est un leurre devant tes yeux. C’est juste le résultat de la lobotomie des industriels.

Le choix n’implique qu’une seule personne. Et s’il en implique plusieurs, l’auteur du choix devrait d’abord s’assurer qu’il ne porte préjudice à personne en faisant ce choix.

Alors, au nom du féminisme, ou de liberté ou que sais-je, par pitié, ne me parle pas de choix, quand tu as purement et simplement décidé d’imposer du lait en poudre à ton nouveau-né.

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6 commentaires

  1. Vervaine · février 15, 2016

    ❤ Très bien dit. Si un jour j'ai le temps, je ferai un post sur la "culpabilité" dans la même veine…

    • Salwa · février 15, 2016

      Ah oui… j’y ai songé aussi 😉
      On entend toujours la même chanson « arrêtez de nous culpabiliser »… euh… si tu te sens coupable, c’est un problème entre toi et toi-même, hein :p

      Merci de ta fidélité, Vervaine ❤

      • Moineau · février 15, 2016

        J’ai aussi beaucoup de mal à comprendre qu’on puisse choisir de ne pas allaiter… je crois être quelqu’un d’assez tolérant mais ça touche à mes limites. C’est sûr que les industriels ont bien su placer leurs laits en poudre, mais je pense que la place de la femme dans la société joue aussi : tellement de gens considèrent le sein féminin comme un organe sexuel que ça choque de voir un enfant accroché dessus passé 3 mois… voire même, il faut que l’enfant rende ses joujoux au père (grrrrrrrrrrrrr).

  2. omou mohammad · février 18, 2016

    Assalamou alaykoum wa rahmatou’LLAHI wa baraketouhou

    C’est vrai l’allaitement maternel c’est le meilleur mais parfois on se trouve dans des situations où on n’a pas vraiment le choix, hospitalisation du bébé tout juste après accouchement pour une bonne période, manque d’encadrement et surtout familial, ……, donc on est obligé d’allaiter en mixte …

    • Salwa · février 24, 2016

      Je suis désolée d’apprendre que ton allaitement se passe mal…
      Dans mon article je fais attention à bien préciser que je parle des mamans qui ont fait le choix de donner le biberon sans allaiter depuis la naissance.

      Pour ton allaitement, as tu essayé de contacter une animatrice de La Leche League ?
      http://lllfrance.org

      tu y trouveras les coordonnées des animatrices par région et des animatrices de permanence.
      Il y a peut être encore moyen de sauver ton allaitement…?

  3. plume rouillée · février 25, 2016

    J’aime ce que tu écris, mais cet article me met mal à l’aise…
    Une de mes amie est tombée enceinte, et nous discutions grossesse et maternage. Je lui ai un peu parlé naissance physiologique, et malgré ma très bonne expérience, elle n’a pas trop accroché. J’ai quand même l’air de rien lacher quelques infos et prêté un bouquin… Et puis on a parler allaitement. Elle m’a dit « ah non, pas question, je sais que c’est mieux pour sa santé, mais pour moi c’est inenvisageable ». Elle m’a dit « j’ai des frissons rien qu’à imaginer un bébé à mon sein ». Et là, je n’ai pas insisté. Du tout. Moi qui allaite, avec facilité, mon bébé de 16 mois, et ne compte pas encore arrêter, moi qui suis convaincue des bienfaits de l’allaitement, je n’ai pas essayer de la convaincre. Parce qu’elle savait déjà que c’était mieux, même si je crois pas qu’elle savait tout les avantages du lait maternel (ou plutot les désavantages du lait artificiel), et que malgré tout, elle ne voulait pas. Et comme je la connais, et que je sais qu’elle aimait déjà son bébé, je ne pouvais que supposer qu’elle voulait le meilleur pour lui.
    Mais voilà, peut-être que le mieux, pour ce bébé et cette maman-là, c’était peut-être le lait artificiel. Même s’il n’est qu’une copie grossière en terme nutritionnel du lait maternel, et n’a aucune de ses autre propriétés (immunitaires, digestives, doudou, etc…). Parce que si elle ne se voyait pas allaiter, parce que si cette acte lui déplaisait tant, je crois qu’un allaitement dans ces conditions aurait été préjudiciable à la relation mère-enfant. De l’égoïsme de sa part ? Je ne crois pas. De la peur ? peut-être. De l’immaturité ? aussi, pourquoi pas? De l’ambivalence face à cet enfant qui va changer le quotidien et qui prend déjà possession de son ventre ? surement, et comme toute future mère à un degrés ou un autre, je pense. Et alors ? On n’est pas toute parfaitement prête, parfaitement à l’aise, parfaitement prête à donner à nouveau-né tout ce dont il a besoin pour combler ses immense besoins. C’est comme ça et chacun fait avec, au mieux. Et si j’ai allaité et allaite toujours avec joie, je peux comprendre que ce ne soit pas le cas pour tout le monde. Ça demande une grande disponibilité. Parfois, pendant les longues nuit où un nourrisson insatiable tétait mon sein sans fin, ne dormant que coller à moi, je ressentais une grande lassitude et une impression d’envahissement de mon corps. Et si c’est devenue ma façon de materner, je comprend que pour certaines, ce soit trop, ce soit non. Qu’on puisse finir par en vouloir à ce bébé qui demande tant.

    Alors certes, je te rejoins complétement, en d’autre temps, ou d’autre lieu, quand il n’y a pas de lait artificiel, la question ne se pose pas, on allaite, et puis c’est tout. Pour moi, il n’est même pas besoin d’argumenter que le lait qu’on sécrète spécialement pour son enfant est en tout point supérieur à sa copie industrielle. Mais force est de constater que malgré tout, l’humain est solide, et que qu’aujourd’hui, chez nous, les bébé au biberons grandissent quand même convenablement (même si ce serait mieux au sein, hein, ça n’est pas équivalent à laisser son enfant traverser une autoroute à pied). Et que, sans que les deux options soient équivalentes, il y a une possibilité de choix. Certes, ce choix n’implique pas que la mère, il implique l’enfant. C’est en fait un choix qui implique le couple mère-enfant. Et parfois, je crois que pour que lien se fasse, ben , l’allaitement ne fait pas partie du tableau. On peut le regretter, mais je trouve dommage d’emblée de le condamner, sans accorder à ses mères-là la bienveillance de notre regard, sans considérer qu’elles font, comme toutes les mères du monde, les choix qui leur semble les meilleurs pour leur enfants à ce moment-là, avec leur cartes qu’elles ont, et selon leurs critères.

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