Et il grandit…

Presque six ans séparent mes deux derniers enfants. Quand je les regarde l’un à côté de l’autre, je trouve ça carrément bizarre. Je ne regrette pas d’avoir attendu aussi longtemps pour ce « petit dernier », car les trois premiers ont 2-3 ans d’écart entre eux, et j’avoue que ça a été difficile à gérer, émotionnellement.

On parle souvent des aspects pratiques en terme d’écart d’âge, mais d’aspect émotionnel jamais.
Cet article, n’est en rien un article scientifique qui montrerait quel écart d’âge est l’idéal, simplement parce que l’idéal est différent suivant chaque maman.

Quand Abd Allah, mon grand est né, il a rempli mon coeur, et comblé cet espace vide, il a donné un sens à ma vie. Mais très vite, le goût amer de sa naissance a pris le dessus, et je ressentais l’envie d’un second bébé qui pourrait réparer tout ça. C’est peut-être choquant à lire, et même à écrire, je me demande quel terme utilisé pour être exacte.
Cela n’enlève rien à l’amour inconditionnel que j’ai pour chacun d’entre eux, soyons clairs. Mais j’avais besoin de ME prouver qu’une naissance n’est pas assimilable à une sensation de viol et de salissure.

Alors, oui, j’admets, que j’ai eu envie d’une seconde naissance, plus que d’un second bébé. Et cette seconde grossesse a été très ambiguë tellement j’avais l’impression que nous ne serons pas quatre, mais que c’est Abd Allah qui « renaîtra ». Ce sentiment m’a rendu mal-à-l’aise pendant longtemps. Puis Elyess est arrivé, à la maison, sans crier gare. Réconciliée avec mon corps et avec ma capacité à gérer mon corps entièrement seule, j’ai pu distinguer positivement les deux frères, encore tout petits (moins de 3 ans d’écart).

Meryem, elle, ma chipie, s’est invitée avant que l’envie d’un troisième bébé se fasse ressentir vivement, même si l’idée ne me déplaisait guère… Mais Elyess n’ayant eu que 15 mois à ce moment, encore en plein allaitement, je n’en faisais pas une priorité. 24 mois au moment de la naissance de sa soeur (à la maison, elle aussi), co-allaitement, co-cododo, et petit « grand » de 5 ans à l’école… La gestion commençait à me fatiguer. Mais pas seulement…

C’est avec l’arrivée de Mohammed que je me rends compte de la différence. Ma plus jeune a 6 ans, elle commence doucement son autonomie. Et j’ai « presque » l’impression de n’avoir qu’un seul bébé à gérer. Autant je me souviens qu’avec Elyess et Meryem, je les mettais dans l’écharpe et vaquais à mes occupations avec mes aînés sans vraiment me « soucier » d’eux : ils étaient au chaud contre moi, et tétaient comme ils souhaitaient. Autant j’ai le sentiment qu’ils étaient là, sans être centrée sur eux. Je répondais à leur besoin (et aux miens ! transmission de chaleur ❤ ), mais sans me focaliser sur eux seuls, puisque je devais gérer les plus grands qui étaient encore petits…

Alors qu’avec Mohammed, bien qu’il soit h24 dans l’écharpe (à peine exagéré), qu’il tète quand il en a envie, je passe beaucoup plus de temps à l’observer, voire même à jouer avec lui, et même à m’inquiéter pour des choses pour lesquelles je ne me serai pas inquiété pour les plus grands.

Et je prends même le plaisir de le voir grandir et évoluer. Alors que pour mes deux derniers, j’aimais qu’ils restent de toutes petites boules lovées dans l’écharpe. Même si j’étais fière de chaque acquisition qu’ils faisaient, j’étais nostalgique de ces moments où ils étaient nouveaux-nés.

Emotionnellement, c’est plus facile, pour moi, de m’extasier des prouesses de mon bébé, voire même d’avoir hâte qu’il grandisse encore un peu, pour qu’il commence à vraiment inter-agir avec nous. Cette envie de le « partager » avec ses frères et soeur. Alors que pour les précédents, je ne les voulais rien que pour moi, être la seule dont ils dépendent.

Est-ce leur écart d’âge qui me fait penser autrement ? Peut-être. Peut-être aussi la maturité que j’acquière au fur à mesure dans mon rôle de mère.
Par moment, je me fais « peur » à déjà avoir envie d’un cinquième enfant. Mais au fond de moi, je sais que c’est pour « réparer » cette naissance à nouveau. Parce que j’ai tellement envie de profiter de Mohammed à 300%… ce coeur de mère qui est toujours instable et balance continuellement… C’est ça être maman.

Mais qu’est-ce que je les aime.

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5 commentaires

  1. suzanne35blog · février 14

    qu’est ce que j’ai aimé ma quatrième et dernière enfant! quel bonheur!

  2. emilieoumkalthoum · février 14

    Assalam aleykom

    Je comprends à 100% ton besoin de réparer une naissance… Je pense que je suis un peu comme toi car là, même si j’ai envie d’avoir d’autres enfants, le besoin n’est pas si impérieux que pour les précédents… J’ai vraiment envie de profiter de mon petite Mohammed à moi ^^ (qui a déjà presque 13 mois !!!)

  3. Vervaine · février 14

    Merci pour cette belle réflexion. Oui c’est dur à dire, mais j’ai eu aussi ce sentiment -et j’y mets des mots grâce à toi- de vouloir « réparer » la naissance de ma deuxième avec mon désir de troisième enfant. Et j’ai vraiment eu la naissance que je souhaitais ! Et un bébé adorable qui plus est.
    Ah ces désirs d’enfants… C’est tellement complexe!
    Profite bien de tous tes amours ! ❤

  4. enajmah · février 14

    Bel article 🙂

  5. niqabifocus · mars 5

    As salam alayki rahmattullah wa barakatuh.
    Très bel article Allahumma barak.
    Désir d’enfants, fatigue, grossesses rapprochées… pas facile de mettre des mots sur tout cela mais tu l’as fait!
    Félicitations!
    Une soeur maman de 5 enfants entre 9 et 2ans et demi, (tous désirés) al Hamdulillah ))

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