La preuve par 3

801491fe9f373a93db9ad718148e98f7  Mon dernier-né sur mon dos, en train de jouer avec mes cheveux, à me faire des bavouilles et des areuh, ma cadette à l’extérieur à courir avec les chats, mes deux plus grands, un peu plus loin à jouer au foot avec leurs cousins et des copains (qu’ils ne connaissaient pas encore la veille)… voilà à peu près à quoi ressemblaient mes journées, de cette semaine passée en Tunisie, chez ma belle-famille.

Tout le monde était ravi de faire la connaissance de mon dernier bébé, qui, comme les autres, était la plupart du temps (quasiment tout le temps, d’ailleurs), dans l’écharpe. Bien plus pratique, étant donné qu’il ne marche pas encore à quatre pattes, et qu’il a peur que je disparaisse de son champ de vision. No problem, en quinze secondes c’est réglé, bébé est accroché. Ce n’est pas le premier qui a pris cette place… et pourtant, même si ma belle-famille est maintenant, habituée à mes pratiques « bizarroïdes », ils en restent toujours perplexes…

« Ce sont les femmes du Sud qui travaillent qui mettent leurs bébés comme ça ! » (Je ne voulais pas faire remarquer que faire la cuisine, s’occuper du linge, ou récurer les toilettes, c’était potentiellement du travail, aussi…)

« Mais est-ce qu’il va te lâcher un jour ? »… La preuve par 3 avec les premiers que je n’ai quasiment pas vu…

Puis, une discussion plus profonde avec ma belle-soeur qui est également étonnée que mes grands soient si sociables, alors qu’ils ont été portés, quand ils étaient petits. Qu’ils ont été écoutés, à qui je n’ai pas dit : « ça va, c’est rien » quand ils se plaignaient d’avoir mal. Oui, ils sont sociables (Que Dieu me les préserve ainsi), oui, ils m’ont détachée… Oui, ils font leur vie.

J’ai bien tenté de lui expliquer la logique qui veut qu’un bébé rassuré autant qu’il a besoin prendra son envol bien plus facilement plus tard. MAIS ce n’est pas pour cette raison que je porte mes bébés.

Bien sûr qu’il y a des conséquences positives, que l’on ne remarque pas sur le champs, parce qu’elles arrivent sur le long terme. Mais ma vraie raison de porter mon bébé, c’est que ce temps file si vite, que bientôt il sera trop lourd, voudra découvrir le monde avec ses petites jambes… alors en attendant, je respire son odeur de lait, je m’imprègne de sa respiration, et je ris de ses guilis dans mon cou.

En parallèle, malgré les « avertissements » dont je suis coutumière, à présent, sur les « risques » du portage intensif (bébé va devenir capricieux, bébé s’habitue, il dort mal, il ne voudra jamais dormir sans toi, son dos est mal positionné, et regarde ses jambes, etc…), tout le monde félicitait mon bébé d’être si souriant, de passer de bras en bras avec le sourire (tant que je ne restais pas trop loin), d’être agréable… et surtout : qu’il ne pleurait jamais.

Je crois, qu’il y a encore un long chemin à parcourir pour que les gens comprennent la corrélation entre le caractère jovial d’un bébé et la façon dont on le traite.

A contrario, j’ai fait la connaissance d’un de mes neveux par alliance, de 2 ans : plutôt colérique (en même temps, c’est l’âge), mais dont on dit de lui qu’il a « une tête dure » (comprendre, « tête de mule »), qu’il est grincheux, qu’il a mauvais caractère. Et ce, à longueur de journée… D’un autre côté, sa maman le laissant régulièrement livré à lui-même, jouant à des jeux sur smartphone (le smartphone, cette nounou des temps modernes ! J’avais remarqué le même fléau, lorsque j’étais en Corée… C’était plutôt impressionnant, dans le mauvais sens…). Mais, ce petit bambin, tout mignon ne demandait qu’à être considéré… Je me suis accroupie, l’ai regardé dans les yeux en  lui parlant… et il ne m’a plus lâché du séjour, m’offrant sa glace, ses bisous baveux, ou se blottissant dans mes bras quand il était fatigué… Il n’avait aucunement un mauvais caractère, n’était pas grincheux le moins du monde. Du moins… pas avec moi (au grand désarroi de sa maman).

Onze ans après avoir commencé à materner, même si c’est dur parfois, même si on trébuche, même si par moment on a l’impression de ne plus avoir d’énergie… je me rends compte que j’avais raison de m’écouter. J’en ai trois fois la preuve avec mes plus grands… et je continue avec mon petit dernier.

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5 commentaires

  1. Sajida · avril 30

    Assalam soeur toujours aussi beau tes textes ma soeur… empreints d’une bienveillance et d’une douceur qu’on se laisse porter par tes mots si bien choisis… qu’Allah vous préserve toi et tes petits énormes bisous de Nantes

  2. emilieoumkalthoum · avril 30

    Assalam aleykom
    Magnifique et tellement simple ma sha Allah !

  3. Amina · avril 30

    Ma sha Allah. T’es un exemple, Qu’Allah te protège.

  4. JIhad · avril 30

    Masha allah oukhti toujours aussi bien ecrit, et tellement vrai !! Je te rejoinds totalement
    Qu allah vous preserve

  5. enajmah · mai 1

    Qu’Allah preserve nos enfants. Alhamdulelah, Alhamdulelah, Alhamdulelah. Avoir eu cette idee du maternage nous vient d’Allah Subanatallah. Alhamdulelah

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