Ce poids imposé

1*-hAFxB-2hHdCiJcmZ7Hm6gLe « maternage » est maintenant un mot commun dans le vocabulaire des nouvelles mamans. Pour certaines, une mode à suivre, pour d’autres une évidence. Pour d’autres encore, un chemin proposé, à suivre ou non, suivant ce qu’on veut pour notre enfant.

Je vois ces mamans, postant un peu partout sur internet (réseaux sociaux et autres forums) des questions sur quelles manières « materner » au mieux son enfant. Dans le genre : « j’aimerai pratiquer la motricité libre, par quoi commencer ? » ou « j’aimerai pratiquer la DME, mais comment faire ? » ou encore : « j’aimerai pratiquer le cododo mais comment le stopper et à quel âge? »

J’ai souvent envie de répondre à ces questions, mais je ne le fais pas, par peur d’être sarcastique… Mais je n’ai qu’un mot à dire : si tu ressens ce besoin irrépressible d’agir ainsi, continue à suivre ton instinct. Qu’est-ce que ça peut bien faire la façon dont tu le pratiques ? C’est bien ce qu’est le maternage ! Il n’y a pas de règle puisque la seule règle c’est de s’adapter à son enfant… Ce n’est pas un package… c’est tout simplement naturel.

Tu portes ton bébé, tu le poses par terre, tu le laisses mouver à son aise, tu le poses sur tes genoux et tu le laisses découvrir le contenu de ton assiette, tu l’endors au sein dans ton lit et tu sentiras bien quand ce sera votre moment à tous les deux de faire autrement, non ?

On arrive aujourd’hui, à des stades du maternage, très (trop) structurés… On nous explique comment « faire dormir bébé AVEC BIENVEILLANCE », comment « le nourrir DE MANIERE SAINE », comment « le porter CORRECTEMENT » (si possible avec une écharpe bio, en chanvre-bambou à 300 euros). Materner devient une ligne directive… alors qu’à mes yeux, il n’y a pas de « lois » en maternage. (Sauf celle de s’écouter).

Ça me fait penser à ces mères à qui on dit : « il faut allaiter à la demande toutes les 3h ». Tu vois, ce genre d’oxymore quotidien. Il y a deux choses qui ne vont pas ensemble : le maternage et des « règles » pour materner…

Ces règles ne feront que peser un poids plus lourd sur des épaules déjà sensibles… Aux mamans qui me lisent, à celles qui aimeraient savoir « comment faire pour materner », je veux juste leur dire de se libérer de ces contraintes, car les réponses se trouvent dans les yeux de leurs enfants.

Pourquoi je n’ai pas peur de Marine

16-11-10-marine-lepenTu le sais sûrement, ou pas, et du coup je te l’apprends : je fais partie de ces mauvais gens qui ne votent pas. Ô misère. Jette-moi des pierres, si tu en as envie.

Non, je ne vote pas. Je n’ai pas voté la dernière fois non plus. Et c’est comme ça.

« Haaaaan, mais tu sais que à cause de ça, tu donnes ta voix au FN? » alors, je t’arrête tout de suite, je donne ma voix à personne. Ma voix je me la garde, j’en ai potentiellement besoin quand je hurle sur mes gamins (oui, je hurle aussi, ça m’arrive plus souvent que tu ne le penses), et donc, non… Ne pas voter, ce n’est pas donner sa voix à quelqu’un… FN ou PC ou autres partis qu’ils sortent aussi rapidement qu’un mauvais tube de l’été…

Déjà, parce que je ne suis pas inscrite sur les listes électorales, donc… je ne suis même pas comptée comme abstentionniste (mais plus j’y pense, plus ce point me gêne… et je pense y remédier dans les années à venir… j’ai bien envie de me faire entendre comme abstentionniste, j’y réfléchis…). En attendant, je regarde ça d’un oeil externe. Complètement externe.

Je vis là, dans ce pays… et je regarde ça de loin. Comme j’ai vécu cinq années sous Ben Ali, malgré l’esprit « dictatorial » du pays, je ne m’interdisais pas de crier contre lui et de dénoncer, sur la toile ou à voix haute. Faut pas rire non plus. Je crois qu’il me manque une part de moutonnerie dans mon cerveau.

Cela ne répond pas au titre de mon article d’aujourd’hui : pourquoi je n’ai pas peur de Marine. Tout simplement, parce que même si elle arrive au pouvoir, je ne suis pas trop sûre qu’elle puisse vraiment bouger comme elle le souhaite. Parce que même si plus de 20%  ont voté pour elle au premier tour, il ne faut pas oublier que ce n’est QUE vingt pour cent, non pas des 66 millions d’habitants réels en France, mais vingt pour cent DES INSCRITS. Et nous sommes nombreux à ne pas être inscrits… pour diverses raisons.

Je vois encore la diversité battre son plein, les gens se convertir à l’une ou l’autre religion, les couples homosexuels augmenter et s’afficher… et allez comprendre pourquoi : je ressens malgré ce climat de haine que les politiques veulent instaurer, un état d’esprit de résistance et de tolérance.

Alors, même si Marine passait, que ferait-elle ? Aboierait-elle comme son papa ? Irait-elle uriner sur les frontières pour marquer son territoire ? A-t’elle vraiment pensé qu’elle serait une monarque absolue, tenant son sceptre de Lys ? J’ai du mal à imaginer le peuple se laisser faire.

Je ne suis pas inscrite, mais je me suis intéressée à son programme, juste comme ça. Juste pour voir si c’était vraiment « plus pire » (je sais, c’est pas français) que le gouvernement Hollande ou Sarko que l’on a déjà eu à subir.
Eh bien, son programme est juste… irréalisable… Faut pas se leurrer, mais si elle arrive à tenir ses « promesses électorales » en 5 ans, je serais bien étonnée, et alors oui, je m’exilerais au fin fond de la Papouasie (parce que même en Corée, ça sent pas bon de ce côté-là).

Non, une idiote blondasse au Q.I d’une huître et à la haine d’une hyène (c’est très méchant pour les huîtres et les hyènes), ce n’est pas ce qui m’effraie le plus. Je crois que je suis une éternelle optimiste, je crois. Je pense qu’au point où nous sommes aujourd’hui, soit au pire il y aura une révolution dans notre pays (peu importe de qui arrivera au pouvoir), soit au mieux, les gens se rendront compte que seule l’humanité pourra nous sauver.

Comment ça, je suis carrément utopiste? Non, non, j’y crois !

Famille nombreuse ?

Je me souviens d’une discussion avec une amie, maman de cinq beaux garçons. Elle était chez moi, avec ses cinq enfants, le dernier encore au sein. Mes trois miens, à l’époque, avec ma dernière qui tétait aussi.
Je me souviens de ses paroles et m’en souviendrai certainement jusqu’au dernier jour de ma vie… Je lui avais dit que j’aimais les familles nombreuses comme la sienne. Elle m’avait répondu : « Ah bon ? Tu trouves que c’est une famille nombreuse ? En fait, quand tu es dedans, tu ne t’en rends pas compte. »

Quelques années plus tard, avec mon dernier né, mes trois aînés, nous montons dans l’ascenseur de notre immeuble. Et quand nous y entrons plus, malheureusement, plus personne ne peut y rentrer. « Quelle belle famille nombreuse » m’a-t’on dit. J’ai regardé le vieil homme, interloquée… Nombreuse ? Vraiment ? Je ne m’en rends pas compte. Sauf quand je décide une sortie en voiture avec des amis de mes enfants… là, ça coince. Mais sinon… de l’intérieur, je ne vois pas ce nombre.

Je vois des enfants, je vois un bébé. Je vois une famille. Mais pas nombreuse.

Je me souviens avec amusement, le regard des vieilles femmes en Corée, alors que nous allions au cours de Taek Won Do des enfants… Bien souvent, sur le trajet qui était assez long à pied, je portais ma fille sur mon dos ; les garçons couraient devant… et les vieilles dames, me regardaient mi-étonnées, mi-amusées en me faisant comprendre que 3 enfants, WaW c’est exceptionnel. Là-bas, les couples ont, très généralement, deux enfants. Voire un seul.

La notion de famille n’est pas la même… En discutant avec mon amie coréenne, je me suis rendue compte à quel point les avantages sociaux de la France étaient nombreux. Là-bas, avoir un enfant est calculé en termes de dépense depuis sa naissance, jusqu’à ce qu’il travaille… Avec école payante, cours particuliers, et leçons de musique à la clé. Dans une société où il ne suffit pas seulement de réussir sa vie, mais d’être le meilleur… Cela est désolant… Ils aiment leurs enfants, ne pas les aimer seraient une hérésie. Ils les aiment tellement, qu’ils se saignent pour leur offrir le meilleur. Mais je crois qu’ils en ont oublié ce qu’est l’amour au naturel, partager sans gadget, s’aimer sans argent.

J’ai épousé mon mari, en imaginant vivre d’amour et d’eau fraîche. On s’est moqué de moi… et pourtant, notre foi et notre amour a changé les rivières d’eau fraîche en champs d’aisance. El Hamdoulilleh.

On me dit de ne plus faire d’enfants après celui-ci. Que les enfants coûtent de l’argent. Qu’il faut être riche pour élever des enfants. Je n’y crois pas. Je n’y ai jamais cru. L’amour n’a pas de prix…

Où Jean-Pierre est discret en burkini

imageEn fait, je sais pas si tu l’as remarqué… Mais je suis tellement gonflée par les événements extérieurs (comprendre… tout ce qui ne concerne pas ma petite vie tranquille… en grosse égoïste que je suis…) que je ne voulais pas aborder les sujets « brûlants » du moment.
D’abord, parce que je ne pense pas qu’en parler ou ne pas en parler changera grand chose. Ensuite, parce que tout le monde se précipite dans ces niaiseries. Et enfin… parce que je m’en fiche, mais alors… COMPLETEMENT. Franchement.

Aussi parce qu’il y a moins de 10 ans, j’avais déjà écrit mon désarroi, face à leurs stupides idées d’interdire le voile intégral ou que sais-je… Et surtout, je disais bien que c’était juste des épouvantails qu’ils agitent pour faire passer des lois par en-dessous, pour faire oublier le chômage et autre vrais problèmes de société…

On a juste pris les mêmes et on recommence, en fait…

Alors, je te disais que je m’en fichais de tout ça. Ne le prends pas mal… C’est pas que je m’en fiche qu’on interdise ou qu’on dise aux femmes comment s’habiller… nan, nan, nan… c’est pas de ça que je m’en fiche… Je me fiche complètement de ce gouvernement de marioles et de leurs astuces pour faire oublier leur nullité…

Tout le monde -ou presque- s’est indigné de la nomination de Chevènement à la tête d’un (…comment peut-on appeler ça… machin ?) pseudo-comité sur l' »Islam de France »…
Toc, toc, toc… excuse-moi.. pourquoi, au juste, ça t’émeut ? C’est quoi « l’Islam de France » ? C’est une nouvelle religion ? En tout cas, c’est pas la mienne… donc, que ce soit lui, ou le père Lustucru, pardonne-moi, mais je ne vois pas pourquoi je devrais m’en attrister.

Tu sais, c’est un peu comme le gentillet Chalgoumi… qui est censé nous « représenter ». Ça énerve les musulmans, parce qu’il est pas très fute-fute, miskin… Mais c’est pas de sa faute, il est archi-manipulé… Je sais pas pour toi, mais moi, je ne me sens pas représentée par un tel ou un tel.

En gros… les musulmans font des tapages à outrance en se disant indignés par des représentants qui ne les représentent pas… Mais, vous n’avez pas l’amère impression de vous faire entuber, là ? Qui nous a demandé si on a envie d’être représenté par quelqu’un… ? Personne. Les catholiques sont-il représentés par quelqu’un en France ? Non. Les juifs ? Non plus. Donc… juste parce qu’on est musulman et potentiellement terroriste aux yeux de certains imbéciles… on aurait besoin de représentants. Laisse-moi rire… jaune.

J’en veux pas de tes organisations et autre comité et blablabla. Il y a des associations qui existent et qui excellent dans la défense des musulmans contre l’islamophobie, ça me suffit laaaaaaargement. Je choisis bien de moi-même si j’ai besoin que « quelqu’un » représente ma religion, non ? Bah si.

Bon, et cette histoire de burkini… Pourquoi je n’en ai pas parlé ? Parce que ça me gonfle. Et d’ailleurs, l’idée d’en écrire ne serait-ce que deux lignes dessus, me gonfle aussi. Retournez à vos Pokémons, la vie est belle. Respirez. Ceux qui attaquent le burkini sont ceux qui attaquaient le niqab il y a quelques années… Des personnes qui ne savent même pas ce que c’est exactement, ni la signification de ce que ça pourrait vouloir dire pour les femmes qui les portent.

Une fois de plus, les gens qui en parlent le plus sont ceux qui en connaissent le moins… Alors, j’ai envie de dire : ouvrez à un dictionnaire, allez à la page du « L », cherchez le mot « laïcité », et revenez en discuter. La fatigue prend le dessus dans ces débats sans raison, et sans intelligence aucune.

Et pendant ce temps-là, le gouvernement se la coule douce à passer des lois débiles, à sucrer des allocs aux familles IEF, ou que sais-je encore… Retournez chasser des Pokémon… qui sait… il y en a peut-être un qui se balade en burkini sur une plage près de chez vous.

Aussi simple que ça…

PointAfrique-Tchad-Ennedi-500pxJe ne regarde pas souvent la télé, ou du moins, avec attention, dirons-nous, mais il y a une émission que j’aime particulièrement. Des personnalités françaises qui partent pour une destination dont ils ne savent rien, et vont vivre pendant deux semaines, ailleurs, différemment, sans leur repère habituel.

« Rendez-vous en terre inconnue » a donc amené Sylvie Testud au coeur du Sahara, avec les nomades tchadiens, les « Gorane ». (Clique ICI pour un résumé de l’émission…)

Toi, tu ne le sais peut-être pas, mais la vie nomade me parle énormément depuis petite. Ce n’est pas faute d’avoir déménagé une trentaine de fois (en trente ans de vie), quasiment. D’avoir découvert d’autres pays pendant plusieurs mois ou plusieurs pays, sans forcément de grandes craintes. Peut-être, peut-être bien que du sang nomade coule dans nos veines… je ne sais pas.

Gamine, ma mère m’a amené voir un film-documentaire au cinéma, qui s’appelait Imuhar et qui m’avait fortement impressionné du haut de mes 12 ans. Un sentiment de liberté, de vie différente, de repenser le monde et les relations humaines autrement.

Alors, forcément, hier, j’ai complètement accroché à l’émission. Pas seulement pour la simplicité des Gorane et leur vie complètement chronométrée différemment des nôtres, avec des valeurs comme l’argent, qui ne les pourrit même pas, puisqu’il n’y en a pas… Mais pour leur capacité à s’écouter.

Voilà ce qu’est vivre : s’écouter. Suivre son instinct. Respecter la nature qui t’entoure, les animaux qui t’abreuvent et te nourrissent.

Plusieurs passages m’ont particulièrement marquée… Tout d’abord, le dialogue entre Sylvie, la française, pétrie de ses idéaux occidentaux malgré elle et une nomade tchadienne (dont j’ai oublié le prénom, qu’elle me pardonne, même si elle ne lira jamais ses lignes), au sujet de l’enfantement, et du maternage. La stupéfaction de la française, apprenant que cette femme allait accoucher au milieu du désert (mais où aurait-elle pu aller, sinon ?), seule, sans aucune aide. Comme elle l’a fait pour ses trois aînés. C’est avec ce dialogue qu’une évidence m’a sautée aux yeux… pour une personne lambda, en France, il est communément acquis qu’accoucher est dangereux. Ce qui ne l’était (et ne l’est toujours pas) à mes yeux. Ce qui ne l’est pas aux yeux de beaucoup de peuples surtout nomades. Mais, ici, en France, où même les conditions de vie sont simples, plutôt saines, aseptisés, surveillées… on a tendance à croire que c’est dangereux.
Je me rends compte de la puissance du bourrage du crâne médico-médiatique… Je le savais déjà, mais je ne pensais pas que ça prenait une telle ampleur.

Cette histoire me rappelle l’expérience qu’a vécu la sage-femme qui m’accompagnait lors de ma précédente grossesse (et accouchement à la maison), quand elle était encore sage-femme à Mayotte. Elle m’a raconté cette histoire, juste après la naissance de ma fille, avec tellement d’émotion, et les larmes dans les yeux. L’histoire d’une très jeune maman (peut-être 16 ans) qui a mis au monde un bébé mort-né. Ma sage-femme était dans tous ses états en tentant de réanimer le nouveau-né… mais rien à faire. C’est la jeune mère elle-même qui a « réconforté » la sage-femme, en lui disant d’accepter le décret de Dieu.

Pensez-vous que cette femme, dans le désert tchadien, a connaissance des termes effrayants comme « dystocie des épaules » ou « procidence du cordon » ? Je ne le pense pas. Pensez-vous donc qu’elle soucie, alors de ce genre de choses « qui pourraient peut-être arriver » ? A mon avis, pas le moins du monde. C’est d’ailleurs, à mon humble avis, pour cette raison que tout se passe bien la plupart du temps. Pour le reste, il est plus simple de s’en remettre à Dieu que de flipper. Il y a des choses qu’on ne contrôle pas. Le Destin. Un bébé destiné à mourir, mourra. Hôpital ou pas hôpital. Grand médecin ou marabout du coin. Avec quinze personnes dans la chambre ou seul. Le Destin ne se contrôlera jamais.

Après le dialogue sur l’accouchement, qui s’est conclu par une réplique de la nomade demandant à la française, si les personnes l’ayant entouré lors de son accouchement ne se sont pas moqués d’elle (parce qu’il semblait inconcevable qu’une femme ait besoin d’une aide pour accoucher… raisonnement que je suis particulièrement, par ailleurs…). Sylvie a eu l’air d’avoir un flash… de comprendre quelque chose qui semblait lui échapper jusque là… car elle a embrayé la discussion en disant : « Mais tu sais, en France, ça va te paraître bizarre, mais quand je vais travailler, je laisse mes enfants loin de moi. Quelqu’un les garde à ma place et je ne les vois que le soir. »
Forcément, yeux écarquillés, interrogations dans le cerveau de la maman tchadienne… « Pourquoi ne pas les garder contre toi ? » et Sylvie de répondre : « En France, je ne peux pas ramener mes enfants avec moi au travail, on se moquerait de moi, c’est interdit. »

Là encore, on peut ressentir le poids de la société occidentale. Je ne pense pas qu’il y ait des textes de loi qui interdisent vraiment d’amener ses enfants (surtout nourrissons) sur son lieu de travail. Mais cela ne viendrait pas à l’idée d’une prof, ou autre… (Ou alors, elles n’ont jamais osé). Non, en France, tu dois faire un choix : si tu veux rester avec tes enfants, tu ne bosses pas. Si tu veux/dois bosser, tu t’en sépares, point. Chez les nomades, les femmes travaillent (et pour cause ! Il faut faire chauffer la marmite ! Tout le monde travaille… Hommes, femmes, enfants !), mais hors de questions de laisser les bébés éloignés. Quelles idées on a pu inculquer à la femme française. Sous prétexte d’égalité des sexes… Quelle belle bêtise. Comment expliquer aux femmes qui se sont battues pour cette égalité, que nous ne serons jamais égales… Nous sommes tellement différentes. Ce qui ne veut pas dire que l’homme est au-dessus… Pas du tout. Mais si on reconnaissait que chaque sexe avait des complémentarités, et fonctionnaient jusque là, très bien, avec chacun à sa tâche… je crois que la société ne s’en porterait que mieux…

Plus tard, dans le reportage, une scène qui m’a émue également : la traite (respectueuse, cela va de soi) des chamelles, au petit matin. Ce sont les hommes qui s’en occupent (chacun son boulot, on a dit). Il a d’abord laissé le chamelon téter, puis a trait la chamelle en expliquant : « il faut se dépêcher de traire, car si elle est trop stressée, elle ne donne plus de lait. »
Je suis restée comme deux ronds de flancs devant mon écran… Comment, un homme au milieu du désert, très probablement illettré (les gamins ne vont pas à l’école), avait-il ce savoir sur la lactation ? Alors, que ce sont des choses que je n’ai découverte qu’avec ma formation sur l’allaitement (et même pas après avoir moi-même allaité très longtemps mes 3 enfants…). Oui, le stress bloque l’hormone d’éjection du lait. Mais je l’ai su dans des bouquins, en me renseignant, en me formant. Voilà le genre de savoir qui s’apprend au contact de la nature, en écoutant la nature, en suivant les instincts, les animaux… Pas besoin de grands discours, pas besoin de grandes études…

Bref, tu l’auras compris… Cette émission d’hier m’a impressionnée… Non pas car elle m’a forcé à voir les choses autrement, mais justement parce que ces personnes-là, j’ai toujours eu envie de vivre comme eux. Et qu’à ma manière, je le fais… (Parce qu’il me serait sûrement impossible de me couper du monde, de mon ordinateur, de mes petits plaisirs égoïstes et de ma paresse…) Mais suivre son instinct, toujours. Pour l’amour, pour la vie, pour la paix.

Ces personnes, sans connaître les horreurs du monde qui les entoure, ne se souciant que de trouver de l’eau pour abreuver leur bétail, et de la nourriture, vivent sereinement… loin des tracas.

Laisse-moi encore croire à l’Amour…

43C74AB1-18EA-4C6B-8E20-8389ACB91415Tu sais, cet Amour avec un grand A, celui qui s’allie à l’Humanité (avec un grand H). Laisse-moi encore y croire, et ne pas regarder les infos, ne pas m’abreuver des horreurs quotidiennes, ne pas prendre part aux débats, aux discussions. Laisse-moi ma liberté de ne pas vouloir en parler, de ne pas vouloir polémiquer…

Je n’ai toujours pas perdu foi en l’Humanité, en l’Amour, en la Bienveillance, en la Solidarité. Tous ces mots qu’on veut nous faire croire dénués de sens. Et pourtant, non, non. J’y crois et j’y croirai… Parce que quand on s’arrête d’y croire, ils s’arrêtent d’exister. Preuve en est, de ce qui se passe. On nous martèle, et on se martèle que tout ça n’existe plus. Et les gens tombent en dépression, en folie, en tourmente…

On nous dit que cette époque est affreuse. Mais, si on regarde en arrière, ça n’a jamais été rose. Jamais. Ça a toujours été morbide, guerrier, sanguinolent… depuis la nuit des temps. Alors pourquoi ne pas se concentrer sur le beau, le simple. La fleur qui éclot, le papillon qui virevolte autour de toi, le nuage en forme de coeur, les gouttes de rosée sur la toile de l’araignée.

Pourquoi, pourquoi continuer à se focaliser sur le noir, le sombre et se forcer à carburer aux anti-dépresseurs ? Je ne veux pas. Je ne veux plus voir. Traite-moi d’autruche, si tu le veux. Je ne t’en voudrais pas. Je ressemble plutôt à un panda, à l’heure qu’il est. Mais qu’importe. Une autruche ou un panda. Un colibri ou un renard. Peu importe… insouciants, ne vivant que pour vivre vraiment.

On nous fait croire que la vie d’humains ne devrait pas être faite pour survivre… mais toute cette horde d’humains ne fait que courir après l’argent pour survivre, en mettant ses mains sur sa tête pour se protéger des bombes. Je ne veux pas « vivre » comme ça. Ni pour l’argent, ni pour échapper aux bombes. Je veux vivre pour aimer, pour partager, pour rire, pour admirer.

Alors, ne me reproche pas mon silence sur ce qui se passe. Aussi horribles sont ces horreurs, de part le monde, c’est quotidien. On semble plus touché parce que ça arrive chez nous… mais, c’est en réalité partout.

Je ne veux rentrer dans aucun débat. Je ne veux surtout pas entendre « qui ne dit rien consent », comme j’ai pu le lire malencontreusement… Je ne dis rien, parce que l’horreur n’a pas à être racontée. Et que je veux me concentrer sur le bonheur.

La vie est trop courte, même si elle s’étend en longueur, pour être subie. La mort arrivera à point nommé. D’ici là, laisse-moi être sur Terre en toute sérénité. Sous la Protection du Très-Haut. Je ne suis pas plus invulnérable que toi. Je veux juste continuer à sourire et à rire. Et donner cette image de la vie à mes enfants.

Laisse-moi vivre, laisse-moi croire en l’Amour pour toujours. Laisse-moi croire en la beauté de la simplicité de la vie.

Il parait que c’est un choix

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Ça… c’était avant !

Il y a un mot cher à la population occidentale, c’est « le choix ». Tiens, ça me replonge dans l’émission que tu n’as peut-être pas connue, d’Evelyne Thomas : « c’est mon choix ».
Des invités, tous plus farfelus les uns que les autres, avec leurs choix qui pouvaient paraitre bizarres. Entre l’une qui ne jurait que par le bleu, et ne s’habillait qu’en bleu, ne se maquillait qu’en bleu, avait des cheveux bleus, une chambre bleue (et mangeait des schtroumpfs, sûrement…) ; un autre qui avait décidé de se nourrir d’assiettes en faïence ; ou de celles qui avaient décidé de ne jamais se couper ni les cheveux ni les ongles… Voilà le thème de l’émission : c’est leur choix.

Un mot que l’on hurle à longueur de temps : « c’est mon choix, laissez-moi si ça ne vous plait pas ! » Dans l’absolu, oui. Je n’ai rien à dire contre cela. Que tu te promènes avec un plumeau dans le derrière (comme dirait ma mère), ou que tu décides de faire le tour du monde en marchant sur les mains : c’est ton choix, je ne vais pas intervenir, ni même le juger. Fais ce qu’il te plait : tu es le seul responsable et le seul qui en assumera les conséquences. Point de moquerie pour quelque choix personnel qu’il soit.

Mais dès lors que tu y impliques une seconde personne, ce choix n’en est plus un. Ou du moins, il doit être réfléchi plusieurs fois, sans oublier de prendre en considération les besoins et les répercussions sur l’autre personne. Si tu veux faire le tour du monde en solitaire à cloche-pied, vas-y, ça n’engage que toi. Par contre, si tu veux m’embarquer dans cette aventure, en faisant une course à pieds-liés… assure-toi de mon état d’esprit avant le voyage, de mon état de santé, et surtout, surtout, de ma motivation à te suivre dans tes idées abracadabrantes.

Mais alors, quand la seconde personne ne peut pas encore s’exprimer en langage compréhensible pour toi, cela voudrait-il dire que cette personne n’a pas son mot à dire dans TON choix ? Ce choix dans lequel tu l’embarques sans mot dire, sans lui demander son avis, sans t’assurer de son état d’esprit, de son état de santé et surtout, surtout, de sa motivation à te suivre… et à engouffrer ce biberon ?

STOP. Il y a une nette différence entre celles qui ont décidé de ne pas allaiter, et celles qui donnent le biberon par dépit, manque d’informations, de soutien.
Il y a des femmes, qui même pendant leur grossesse, décident de ne pas allaiter. Pourquoi ? Parce que. Parce qu’on leur fait croire que c’est un choix qu’elles ont. Genre.

C’est devenu un choix depuis que les industriels de lait en poudre sont sur le marché. Là, c’est devenu un choix. Va voir ailleurs, si c’est un choix d’allaiter. Va voir ailleurs, si les femmes se posent seulement la question : « est-ce que je vais allaiter mon enfant ? » Bien sûr que non. Est-ce que tu te demandes, toi : « est-ce que je vais me nourrir ? » Pas que je sache. Tu as faim, donc tu manges.

Mais, Nestlé, Gallia et compagnie ont réussi à te mettre en tête que c’est un choix. Que c’est TON choix. Et désir de satisfaire tout le monde : c’est aussi un peu le choix du papa. Faut bien qu’il donne le biberon, hein, et qu’il participe à l’éducation du bébé. Quelle blague…
Combien de papas donnent le biberon tous les jours depuis la naissance jusque 6 mois, y compris la nuit ? Levez la main, je vous prie.
Bien… imaginons que c’est un choix parental… Est-ce que tu as seulement essayé de demander l’avis de ton bébé ? Car c’est bien de lui qu’il s’agit. L’allaitement, c’est une histoire à deux (même à trois avec le papa), mais dont le sujet principal… ce n’est pas toi, la maman, mais bien ton bébé.

Alors, oui, la maman aussi est une actrice principale. C’est sûre. Mais disons que les répercussions les plus importantes, du non-allaitement, même si la maman en subit également beaucoup (si, si, crois-moi, ne pas allaiter entraîne tout un tas de truc pas cool non plus, dont Nestlé se garde bien te dire), le bébé en subit beaucoup plus.

Je ne vais pas citer ici tous les avantages de l’allaitement et pour le bébé, et pour la maman… Internet en regorge, tu peux y jeter un oeil. Ton pote Google se fera une joie de t’envoyer sur tous les sites qui les énumèrent. Y a des bouquins à profusion sur le sujet également. Même les industriels de poudre ont été obligé de dire que le lait maternel est la nourriture la plus adaptée à ton bébé, donc bon.

Moi, je suis juste là parce que tu me fais croire que c’est un choix de ne pas allaiter. Moi, je te réponds que c’est une excuse bidon et grossière. Un choix qui porte préjudice à d’autres, ce n’est pas un choix. Quand un taré décide de faire des courses poursuites à 150 km/h en plein centre-ville, ce n’est pas un choix. Quand un malade à la tête d’un pays décide de décimer un peuple, ce n’est pas un choix. Le non-allaitement, ce n’est pas un choix. C’est un leurre devant tes yeux. C’est juste le résultat de la lobotomie des industriels.

Le choix n’implique qu’une seule personne. Et s’il en implique plusieurs, l’auteur du choix devrait d’abord s’assurer qu’il ne porte préjudice à personne en faisant ce choix.

Alors, au nom du féminisme, ou de liberté ou que sais-je, par pitié, ne me parle pas de choix, quand tu as purement et simplement décidé d’imposer du lait en poudre à ton nouveau-né.

Ignorance, la bêtise humaine

nothing-in-the-world-is-more-dangerous-than-sincere-ignorance-and-conscientious-stupidityQuelle tristesse quand je marche dans la rue, en ce moment. Des gens qui s’écartent de moi, qui préfèrent rester debout dans le bus, plutôt que de prendre la place de libre à côté de moi, des regards de travers, des « oh la la » en passant à mes côtés, des petites bousculades… des voitures qui freinent au dernier moment, des insultes crachées par les fenêtres, des envies de meurtre sur ma personne, alors qu’on ne me connait pas.

Pourquoi? Parce que je suis voilée.

Je n’exagère pas les faits. Tous ces faits se sont produits depuis mon retour de Corée, le pays du Matin Calme où les gens te sourient, peu importe qui tu es, et ce que tu portes. Ici, les médias ont atteint les coeurs malades… Mon voile les effraie, comme une menace.

Il y a encore quelques temps, je me refusais à tomber dans la paranoïa et je ne voyais pas les regards sur moi. Je ne cherchais pas à savoir ce qu’ils pensaient de moi ou de ma tenue. Je nous tenais responsable en partie de cette image, je souhaitais que nous relevons la tête, que nous soyons fiers de ce que nous sommes, que nous n’avons pas à nous cacher…

Mais le ciel s’est assombri, j’ai compris que le mal est bien plus profond. Nous sommes tous enfermés. Nous, par peur ; eux, par peur. Ignorance, bêtise humaine. Les préjugés montent à la tête, l’écart se forge, et certains tombent dans la faille de la violence et de la méchanceté.

Je veux continuer à sourire, à croire que les autres sont innocents et foncièrement bons. Mais mon sourire est triste, et les larmes poignent aux coins de mes yeux…

Pourquoi l’humanité ne pense qu’à se diviser, qu’à écraser, qu’à vaincre?

Et pourtant, je reprends souvent l’espoir quand je regarde la panoplie de gens que j’apprécie… et qui m’apprécient en retour.

L’espoir est toujours là. Il subsiste des personnes ouvertes et tolérantes, qui viennent vers les autres sans appréhension…

L’ignorance, graine de la bêtise humaine, cultivée au gré de la nouvelle technologie, préférant s’abreuver de reportage à la sauce « BFM », plutôt que d’aller s’adresser à son voisin…

Peut-être que la fin du Monde n’est pas si loin, et que… ce n’est pas si mal…

Ça n’arrive qu’aux autres!

Capture d’écran 2014-09-14 à 15.18.47Les mains sur son ventre rond, les larmes roulent sur ses joues. Elle ne les a pas senti venir. Sacrées hormones. La télé passe le journal de 20h, et elle, elle regarde, une énième histoire d’une mère qui finira derrière les barreaux pour avoir étranglé son bébé. Le choc est puissant, elle est secouée, ébranlée par cette nouvelle. Elle caresse son ventre… « Oh mon bébé, comment est-ce possible? Cette femme est un monstre, elle ne méritait pas d’avoir un enfant! »

La naissance fut assez rude, pour cet enfant pourtant tellement désiré. Fatiguée, épuisée par les heures éprouvantes, elle s’est endormie. Son bébé, souffrant, est en « néonat » comme on dit. Elle dort, les mains sur son ventre. Secouée, encore, par des spasmes de douleur qui la réveillent de temps à autre…

Le retour à la maison, c’est le vide. Le bébé est dans le siège auto, elle l’observe, le regarde, posé au milieu du salon. Elle lui sourit, d’un demi-sourire, les traits tirés. Les cernes bleutées. Et une idée lui traverse la tête : « qu’est-ce qu’on va faire maintenant? » 

Elle le prend dans ses bras, et part se coucher dans son lit. Elle lui propose le sein, et s’endort en respirant son odeur. Mais le sommeil est léger, elle divague à moitié, son inconscient se mêle à son conscient. Elle se dit qu’elle a de la chance, mais qu’en même temps, elle ne sait plus trop où elle en est. Qu’est-ce que c’est que ce petit machin, quoi faire, et comment ça marche…

Le téléphone sonne, il sonne et ne s’arrête plus. Son amie l’appelle, puis sa mère. Sa tante. Puis son oncle. Une autre sonnerie la réveille, et excédée, elle balance son portable contre le mur de sa chambre. Elle est fatiguée, fatiguée de répéter l’histoire de la naissance, épuisée de cette nuit où son petit ne faisait que téter. Là, il dort, oui, oui je vais me reposer, merci, oui… Mais pourquoi les gens sont-ils si intrusifs?

Elle passe devant le miroir de la salle de bain. Le visage défait. Ses pots de crèmes et ses crayons de maquillage trônent sur la tablette sous le miroir. Avant, c’était des stars. Aujourd’hui, elle n’arrive plus à compter depuis combien de jours elle n’y a pas touché. Elle s’observe, remarque les noeuds qui se forment dans ses cheveux, note les tâches de lait caillé sur son vieux jogging troué et commence à réaliser que ça va faire trois mois qu’elle est dans cet état. Pourquoi son homme se met à l’éviter, après avoir eu une longue discussion sur son état général de laisser-aller, qu’elle avait balayé d’un « fiche-moi la paix, je viens d’accoucher, je suis crevée ». Les larmes se remettent à couler… Se laisser aller à cause de la fatigue? Ok, ça peut être une excuse, mais c’est pas bon pour la santé.

… … …

Quelques mois plus tard, elle s’était enfin motivée. Elle avait pris un grand bain, ça lui avait fait du bien. Même s’il avait été moins long que ce qu’elle espérait : le petit voulait téter. Elle s’était parfumée, habillée, maquillée. Son mari, en rentrant, lui avait souri, ils avaient discuté toute la soirée et une partie de la nuit. Vannée mais amoureuse, elle s’était réveillée de bonne humeur pour la première tétée nocturne. Elle se disait que tout irait mieux maintenant.

Tout irait mieux, parce qu’elle se remémorait ce jour où tout a failli basculer. Ce jour où elle a failli passer à la télé. Ce jour où ce serait d’elle qu’on aurait dit « elle ne mérite pas d’enfant ». Ce jour où excédée par les pleurs incompréhensibles de son bébé, elle avait eu l’irrépressible envie de le jeter à terre et de le piétiner. De le voir disparaître. Elle n’en pouvait plus de cet état de dépression dans lequel elle était, et pensait que c’était la faute de son bébé. Ce jour atroce où visualisant ce qu’elle aurait été capable de faire, elle a hésité à sauter par la fenêtre. Ce jour où comprenant que son état n’était pas normal, même si malheureusement banal, elle devait demander de l’aide…

Non, en fait, ça n’arrive pas qu’aux autres.

Aigle Royal

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Mes jambes me brûlent, mais je ne peux m’empêcher de courir. Même si je m’essouffle, mes larmes m’étouffent, me lavent, me permettent d’oublier.
Oublier… Comment oublier? Quelle erreur ai-je fait en me cachant? Mon frère me disait que ça s’appelait « instinct de survie »… Survivre à ça? À ce carnage?
Les images me frappent de plein fouet. Je n’ai pas reconnu à laquelle de mes deux sœurs fut le corps que j’ai enjambé pour sortir de cet endroit.
Instinct de survie pour subir?
Mon frère avait raison, il me disait que nous serions gagnants. J’ai confiance en lui. Il ne m’a jamais laissé tomber même quand il est tombé pour notre pays.
Mon pays. Ravagé, grignoté. Tout siffle autour de moi. Je devrais trembler… Mais je suis en nage, je suis en rage, je suis en deuil.
J’ai 10 ans et ma famille est martyr. Je me suis caché et j’ai vu l’innommable.
Je ne sais comment mes jambes me portent encore. Je ne sais pas où mes forces puisent leur énergie.
Je suis comme un oiseau. Un aigle. Mon frère aimait beaucoup les aigles. Oui! Je suis un aigle, un aigle royal!
Je survolerai mon pays et je lancerai des pierres à ceux qui nous persécutent.
Quel est mon crime? J’ai 10 ans, dites-moi quel est mon crime?
Mon frère me l’a dit, ils ne nous aiment pas, c’est tout. Ils ont peur de nous. Ils ont peur de notre religion, alors ils nous écrasent… Un à un, comme des fourmis…
Mais ne savent-ils pas que Dieu n’a jamais été du côté des corrupteurs? De ceux qui sèment la haine, et la tyrannie sur Terre? Ne savent-ils pas que Dieu est avec les opprimés, les patients, les endurants?
Ma tête explose en même temps qu’une maison à quelques mètres de moi.
Je m’éloigne en courant, mais une pierre roule à mes pieds…
Je la saisis et la lance de toutes mes forces en hurlant « Bande de chiens! Brûlez tous en enfer! »
Un sifflement auprès de mon oreille. Une douleur m’atteind. Que se passe-t’il? Mes jambes ne me portent plus… Mes larmes brouillent ma vue, est-ce mes larmes? Où suis-je? Je lève ma tête et je ne reconnais plus le ciel? Tout tourbillonne autour de moi… Tout est dur sous mon corps… Je ne sais plus… Je suis couché?… Et ce sang qui s’étale d’où vient-il?… Et pourquoi je n’arrive plus à penser?… Je m’appelais Amir, j’avais 10 ans, et j’étais palestinien…

Cette histoire est fictive mais toute ressemblance avec la réalité est préméditée…