Aussi simple que ça…

PointAfrique-Tchad-Ennedi-500pxJe ne regarde pas souvent la télé, ou du moins, avec attention, dirons-nous, mais il y a une émission que j’aime particulièrement. Des personnalités françaises qui partent pour une destination dont ils ne savent rien, et vont vivre pendant deux semaines, ailleurs, différemment, sans leur repère habituel.

« Rendez-vous en terre inconnue » a donc amené Sylvie Testud au coeur du Sahara, avec les nomades tchadiens, les « Gorane ». (Clique ICI pour un résumé de l’émission…)

Toi, tu ne le sais peut-être pas, mais la vie nomade me parle énormément depuis petite. Ce n’est pas faute d’avoir déménagé une trentaine de fois (en trente ans de vie), quasiment. D’avoir découvert d’autres pays pendant plusieurs mois ou plusieurs pays, sans forcément de grandes craintes. Peut-être, peut-être bien que du sang nomade coule dans nos veines… je ne sais pas.

Gamine, ma mère m’a amené voir un film-documentaire au cinéma, qui s’appelait Imuhar et qui m’avait fortement impressionné du haut de mes 12 ans. Un sentiment de liberté, de vie différente, de repenser le monde et les relations humaines autrement.

Alors, forcément, hier, j’ai complètement accroché à l’émission. Pas seulement pour la simplicité des Gorane et leur vie complètement chronométrée différemment des nôtres, avec des valeurs comme l’argent, qui ne les pourrit même pas, puisqu’il n’y en a pas… Mais pour leur capacité à s’écouter.

Voilà ce qu’est vivre : s’écouter. Suivre son instinct. Respecter la nature qui t’entoure, les animaux qui t’abreuvent et te nourrissent.

Plusieurs passages m’ont particulièrement marquée… Tout d’abord, le dialogue entre Sylvie, la française, pétrie de ses idéaux occidentaux malgré elle et une nomade tchadienne (dont j’ai oublié le prénom, qu’elle me pardonne, même si elle ne lira jamais ses lignes), au sujet de l’enfantement, et du maternage. La stupéfaction de la française, apprenant que cette femme allait accoucher au milieu du désert (mais où aurait-elle pu aller, sinon ?), seule, sans aucune aide. Comme elle l’a fait pour ses trois aînés. C’est avec ce dialogue qu’une évidence m’a sautée aux yeux… pour une personne lambda, en France, il est communément acquis qu’accoucher est dangereux. Ce qui ne l’était (et ne l’est toujours pas) à mes yeux. Ce qui ne l’est pas aux yeux de beaucoup de peuples surtout nomades. Mais, ici, en France, où même les conditions de vie sont simples, plutôt saines, aseptisés, surveillées… on a tendance à croire que c’est dangereux.
Je me rends compte de la puissance du bourrage du crâne médico-médiatique… Je le savais déjà, mais je ne pensais pas que ça prenait une telle ampleur.

Cette histoire me rappelle l’expérience qu’a vécu la sage-femme qui m’accompagnait lors de ma précédente grossesse (et accouchement à la maison), quand elle était encore sage-femme à Mayotte. Elle m’a raconté cette histoire, juste après la naissance de ma fille, avec tellement d’émotion, et les larmes dans les yeux. L’histoire d’une très jeune maman (peut-être 16 ans) qui a mis au monde un bébé mort-né. Ma sage-femme était dans tous ses états en tentant de réanimer le nouveau-né… mais rien à faire. C’est la jeune mère elle-même qui a « réconforté » la sage-femme, en lui disant d’accepter le décret de Dieu.

Pensez-vous que cette femme, dans le désert tchadien, a connaissance des termes effrayants comme « dystocie des épaules » ou « procidence du cordon » ? Je ne le pense pas. Pensez-vous donc qu’elle soucie, alors de ce genre de choses « qui pourraient peut-être arriver » ? A mon avis, pas le moins du monde. C’est d’ailleurs, à mon humble avis, pour cette raison que tout se passe bien la plupart du temps. Pour le reste, il est plus simple de s’en remettre à Dieu que de flipper. Il y a des choses qu’on ne contrôle pas. Le Destin. Un bébé destiné à mourir, mourra. Hôpital ou pas hôpital. Grand médecin ou marabout du coin. Avec quinze personnes dans la chambre ou seul. Le Destin ne se contrôlera jamais.

Après le dialogue sur l’accouchement, qui s’est conclu par une réplique de la nomade demandant à la française, si les personnes l’ayant entouré lors de son accouchement ne se sont pas moqués d’elle (parce qu’il semblait inconcevable qu’une femme ait besoin d’une aide pour accoucher… raisonnement que je suis particulièrement, par ailleurs…). Sylvie a eu l’air d’avoir un flash… de comprendre quelque chose qui semblait lui échapper jusque là… car elle a embrayé la discussion en disant : « Mais tu sais, en France, ça va te paraître bizarre, mais quand je vais travailler, je laisse mes enfants loin de moi. Quelqu’un les garde à ma place et je ne les vois que le soir. »
Forcément, yeux écarquillés, interrogations dans le cerveau de la maman tchadienne… « Pourquoi ne pas les garder contre toi ? » et Sylvie de répondre : « En France, je ne peux pas ramener mes enfants avec moi au travail, on se moquerait de moi, c’est interdit. »

Là encore, on peut ressentir le poids de la société occidentale. Je ne pense pas qu’il y ait des textes de loi qui interdisent vraiment d’amener ses enfants (surtout nourrissons) sur son lieu de travail. Mais cela ne viendrait pas à l’idée d’une prof, ou autre… (Ou alors, elles n’ont jamais osé). Non, en France, tu dois faire un choix : si tu veux rester avec tes enfants, tu ne bosses pas. Si tu veux/dois bosser, tu t’en sépares, point. Chez les nomades, les femmes travaillent (et pour cause ! Il faut faire chauffer la marmite ! Tout le monde travaille… Hommes, femmes, enfants !), mais hors de questions de laisser les bébés éloignés. Quelles idées on a pu inculquer à la femme française. Sous prétexte d’égalité des sexes… Quelle belle bêtise. Comment expliquer aux femmes qui se sont battues pour cette égalité, que nous ne serons jamais égales… Nous sommes tellement différentes. Ce qui ne veut pas dire que l’homme est au-dessus… Pas du tout. Mais si on reconnaissait que chaque sexe avait des complémentarités, et fonctionnaient jusque là, très bien, avec chacun à sa tâche… je crois que la société ne s’en porterait que mieux…

Plus tard, dans le reportage, une scène qui m’a émue également : la traite (respectueuse, cela va de soi) des chamelles, au petit matin. Ce sont les hommes qui s’en occupent (chacun son boulot, on a dit). Il a d’abord laissé le chamelon téter, puis a trait la chamelle en expliquant : « il faut se dépêcher de traire, car si elle est trop stressée, elle ne donne plus de lait. »
Je suis restée comme deux ronds de flancs devant mon écran… Comment, un homme au milieu du désert, très probablement illettré (les gamins ne vont pas à l’école), avait-il ce savoir sur la lactation ? Alors, que ce sont des choses que je n’ai découverte qu’avec ma formation sur l’allaitement (et même pas après avoir moi-même allaité très longtemps mes 3 enfants…). Oui, le stress bloque l’hormone d’éjection du lait. Mais je l’ai su dans des bouquins, en me renseignant, en me formant. Voilà le genre de savoir qui s’apprend au contact de la nature, en écoutant la nature, en suivant les instincts, les animaux… Pas besoin de grands discours, pas besoin de grandes études…

Bref, tu l’auras compris… Cette émission d’hier m’a impressionnée… Non pas car elle m’a forcé à voir les choses autrement, mais justement parce que ces personnes-là, j’ai toujours eu envie de vivre comme eux. Et qu’à ma manière, je le fais… (Parce qu’il me serait sûrement impossible de me couper du monde, de mon ordinateur, de mes petits plaisirs égoïstes et de ma paresse…) Mais suivre son instinct, toujours. Pour l’amour, pour la vie, pour la paix.

Ces personnes, sans connaître les horreurs du monde qui les entoure, ne se souciant que de trouver de l’eau pour abreuver leur bétail, et de la nourriture, vivent sereinement… loin des tracas.

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Laisse-moi encore croire à l’Amour…

43C74AB1-18EA-4C6B-8E20-8389ACB91415Tu sais, cet Amour avec un grand A, celui qui s’allie à l’Humanité (avec un grand H). Laisse-moi encore y croire, et ne pas regarder les infos, ne pas m’abreuver des horreurs quotidiennes, ne pas prendre part aux débats, aux discussions. Laisse-moi ma liberté de ne pas vouloir en parler, de ne pas vouloir polémiquer…

Je n’ai toujours pas perdu foi en l’Humanité, en l’Amour, en la Bienveillance, en la Solidarité. Tous ces mots qu’on veut nous faire croire dénués de sens. Et pourtant, non, non. J’y crois et j’y croirai… Parce que quand on s’arrête d’y croire, ils s’arrêtent d’exister. Preuve en est, de ce qui se passe. On nous martèle, et on se martèle que tout ça n’existe plus. Et les gens tombent en dépression, en folie, en tourmente…

On nous dit que cette époque est affreuse. Mais, si on regarde en arrière, ça n’a jamais été rose. Jamais. Ça a toujours été morbide, guerrier, sanguinolent… depuis la nuit des temps. Alors pourquoi ne pas se concentrer sur le beau, le simple. La fleur qui éclot, le papillon qui virevolte autour de toi, le nuage en forme de coeur, les gouttes de rosée sur la toile de l’araignée.

Pourquoi, pourquoi continuer à se focaliser sur le noir, le sombre et se forcer à carburer aux anti-dépresseurs ? Je ne veux pas. Je ne veux plus voir. Traite-moi d’autruche, si tu le veux. Je ne t’en voudrais pas. Je ressemble plutôt à un panda, à l’heure qu’il est. Mais qu’importe. Une autruche ou un panda. Un colibri ou un renard. Peu importe… insouciants, ne vivant que pour vivre vraiment.

On nous fait croire que la vie d’humains ne devrait pas être faite pour survivre… mais toute cette horde d’humains ne fait que courir après l’argent pour survivre, en mettant ses mains sur sa tête pour se protéger des bombes. Je ne veux pas « vivre » comme ça. Ni pour l’argent, ni pour échapper aux bombes. Je veux vivre pour aimer, pour partager, pour rire, pour admirer.

Alors, ne me reproche pas mon silence sur ce qui se passe. Aussi horribles sont ces horreurs, de part le monde, c’est quotidien. On semble plus touché parce que ça arrive chez nous… mais, c’est en réalité partout.

Je ne veux rentrer dans aucun débat. Je ne veux surtout pas entendre « qui ne dit rien consent », comme j’ai pu le lire malencontreusement… Je ne dis rien, parce que l’horreur n’a pas à être racontée. Et que je veux me concentrer sur le bonheur.

La vie est trop courte, même si elle s’étend en longueur, pour être subie. La mort arrivera à point nommé. D’ici là, laisse-moi être sur Terre en toute sérénité. Sous la Protection du Très-Haut. Je ne suis pas plus invulnérable que toi. Je veux juste continuer à sourire et à rire. Et donner cette image de la vie à mes enfants.

Laisse-moi vivre, laisse-moi croire en l’Amour pour toujours. Laisse-moi croire en la beauté de la simplicité de la vie.

En attendant Octobre…

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Ma paresse continue… Voilà des mois sans avoir écrit. Le monde autour de moi me choque, me bouscule, m’interroge, m’énerve, me met en colère. Il m’a fait perdre l’envie d’écrire… Et pourtant, je te jure, j’en ai des choses à dire…

Alors, comme tu l’as sûrement compris, j’attends un quatrième enfant. Il s’est logé dans le creux de moi au mois de Janvier. Ce sera du pur cru de 2016…

Contrairement à mes trois autres grossesses, je me sens complètement zen, presque pas « enceinte ». Enfin… si, les kilos qui s’accumulent, les coups de pieds à l’intérieur de mon bidon qui s’arrondit. Si, si, je me sens enceinte. Mais je ne me focalise pas du tout sur l’accouchement, comme j’ai pu être obsédée par mes accouchements lors des précédentes grossesses. Je ne me projette plus. Je ne sais pas du tout qui sera là, où je serai, ce que je ferai ou comment je le ferai… J’attends que le temps passe, et qu’Octobre « fera craquer les  branches ».

Quoiqu’avec les folies humaines sur l’environnement, il ne viendra sûrement pas dans sa robe blanche… Peut-être qu’il y aura des feuilles partout… Mais, j’ai le sentiment, qu’on n’aura pas besoin d’écharpe pour deux.

Oui, ok, je plagie beaucoup Cabrel, là, pour le coup. Que veux-tu… J’ai toujours aimé cette chanson poétique sur l’Automne.

J’attends Octobre, en enchaînant les absurdités entendues de parts et d’autres…

La dernière en date, au sujet du « sexe » du bébé. Toi, tu le sais certainement, ou pas, mais je n’aime pas savoir avant la naissance… et ça m’énerve également quand on me demande : « Aloooors c’est quoiiiii? » (ce à quoi j’ai répondu à une inconnue, un jour : « A priori, ce n’est pas un poisson rouge. »).

Mais la palme revient donc, encore à une inconnue (une amie d’une amie d’une de mes belle-soeurs… c’est pour dire la relation qui nous unit), qui, après avoir appris que j’avais « déjà » deux garçons et une fille, et que je ne souhaitais pas connaître le sexe de ce bébé :

« Ah, mais toi, tu t’en fiches que ce soit un garçon ou une fille, puisque tu as déjà les deux sexes. »

Juste… dites-moi que ce n’est pas seulement les hormones de grossesse, et que cette phrase est franchement limite… Je ne suis pas rentrée en conflit avec cette gente dame… Mais, intérieurement, j’explosais.

Alors, laisse-moi t’expliquer pourquoi je ne veux pas savoir, par le biais d’une échographie, si c’est un garçon ou une fille…

Cela va peut-être surprendre, mais sache que je ne juge absolument pas les mamans qui demandent à savoir avant. Ce n’est qu’un cheminement que j’ai fait, qui vient du plus profond de moi.

Ce bébé ne m’appartient pas. C’est un prêt, un dépôt, comme mes trois autres enfants. Je l’accepte tel qu’il est destiné à être : fille ou garçon, handicapé ou non. Je prendrai soin de ce bébé quelqu’il soit. Je n’ai absolument aucun pouvoir sur sa destinée.
Savoir avant, me semblerait me l’approprier « avant l’heure ». Je ne peux absolument pas décider si c’est un garçon ou une fille… Alors quelqu’il soit, il sera pleinement accepté dans ma famille, dans mon coeur de maman.

Je ne veux pas, dès à présent, rentrer avec les bras chargés de pyjamas roses ou bleus. Je veux le laisser être celui/celle qu’il/elle va être. Cela ne m’empêchera pas de « girliser » si c’est une nenette, après la naissance… (Oui, je suis devenue ultra-girly… J’aime le rose et Hello Kitty, et j’ai même pas honte.)

Mais pour l’instant, je savoure encore mes « grands » enfants, en me disant que bientôt, bientôt, je vais retomber dans le monde dans lequel j’étais pendant 7 ans non-stop. J’ai eu 3 ans de répit… Un peu moins. Mais c’est pas grave. Le monde des touts-petits, avec tout ce que ça implique… c’est vraiment mon kiffe…

En attendant Octobre…

Et quand ça bat en moi…

No-Regrets-1080x651Et quand ça bat en moi, toi, tu te bats dans ces derniers instants…
Et quand ce nouveau petit coeur danse à l’unisson avec le mien, toi, tu tentes de garder le tien intact…

Et tu es loin. De moi. De mes mots. De mes paroles…
Et j’ai peur. Parce que je ne sais pas faire. Je ne sais plus faire. Je le fais avec d’autres… mais quand la peur m’envahit, elle me paralyse. Je n’ose pas trop t’appeler, peur d’entendre ta voix qui a vieilli. Peur d’être loin de toi. Et ne pas savoir dire combien je t’ai aimé.

Et pourtant, je t’ai aimé. Je t’aime. Je t’aimerai…
La fin est proche quand le début arrive…
Il y a 10 ans, c’était le même scénario. J’attends mon premier enfant, et une personne chère à mon coeur décédait. Tu n’es pas encore partie, et tu te bats. Je ne veux pas te laisser partir, je veux te voir encore une fois. Je t’aime si fort, j’en suis presque désolée. J’en suis paralysée. Tu me parais si loin…

Je suis maladroite avec les gens de ma famille. Comment le dire ce que je ressens alors que tout reste ambiguë… Comment peuvent-ils comprendre mon caractère, mon égoïsme, que moi-même je ne comprends pas.

Mais avec toi, c’est différent. Tu as été là pour mon père, là pour nous. Tu nous as porté à bout de bras. Essuyé nos bêtises d’adolescents. Caché nos travers. Et tu nous as aimé si fort.

Je me sens si triste de ne jamais avoir été à la hauteur. Aujourd’hui, je me rends compte que je laisse passer le temps… je veux courir et te voir… je veux te serrer dans mes bras. Mais j’ai peur. Peur de te casser, tu es si fragile à présent.

Ne pars pas maintenant, Tata, j’ai tellement de choses à te dire. Ou à te caresser. Un baiser sur ta main. Un frôlement sur ta joue. Je veux te présenter le petit dernier. Ne pars pas, Tata. Ne pars pas.

Mère indigne

normal_coloriage-temps-4.gifFatiguée, tu te sens dépassée. Ce trop plein d’émotions qui t’envahit. Tes livres rangés dans la bibli. Tu as mis au feu ceux d’Aldo Nouri pour les remplacer par ceux de Filliozat. Tu as écrit sur tous les forums : « Avant j’avais des principes, maintenant j’ai des enfants. » Tu t’es jetée à corps perdu dans ce qui te paraissait le mieux pour ton enfant : le maternage, la non-violence, l’écoute. Tu te regardes dans le miroir, les cheveux en bataille, les yeux rougis. Tu as osé lever la main sur les cuisses dodues de ton aîné. Excédée, par la fatigue, épuisée… tu as eu le geste que tu abhorres, celui que tu décries sur les réseaux sociaux. Tu l’as fait. Tu as tapé. Tu penses avoir touché le fond. Mais comme si ça ne suffisait pas, en plus de ça, tu t’es mise à hurler. Et puis, tu t’es blâmée.

Tu t’es dit nulle, bonne à rien, indigne, que ton fils mérite mieux que toi comme maman.
Tu as honte quand tu penses à tes copines qui ne tapent jamais, ne crient jamais, ne menacent jamais, jouent avec leurs gamins, leur cuisine des petits plats bio-maison, leur tricotent des écharpes pour l’hiver et leur préparent des gâteaux à chaque goûter.

Tu ne le sais pas… Mais derrière les gâteaux en forme de coeur, derrière le petit plat bio-maison de la semaine… Il y a aussi une maman qui a des périodes de fatigue. Mais ça, tu ne le sais pas. Ou tu l’occultes.

Tu te sens mère indigne ? Alors c’est que tu ne l’es pas. Tu trouves que tu passes trop de temps devant ton ordi ou ton smartphone ? Il y a toujours pire que toi. Avant tu avais des principes, et maintenant des enfants ? Moi aussi. J’avais des principes à la noix avant d’avoir eu mon aîné, du genre : un bébé doit dormir dans sa chambre dès sa naissance, un enfant doit être poli, mon garçon ne mettra jamais les doigts dans son nez. Puis j’ai accouché. Je n’ai pas arrêté tout de suite d’avoir des principes. Ils avaient juste changé. Mes principes s’accordaient à écouter mon coeur. Mais des fois, moi aussi, mon coeur ressentait un fed up. Une fatigue intense qui te fait avoir le geste ultime, la voix élevée et les sourcils froncés.

Tu n’es pas indigne d’être mère. Tu ne l’es pas. Ce n’est pas parce que tu as failli une fois, ou deux, ou trois que tu es indigne. Tu es convaincue de la voie que tu as choisi, tu essayes au mieux de respecter ton enfant. Et, qui que tu sois, je te le promets : tu le fais bien, grandement, DIGNEMENT. Tu l’aimes.

Cela fait quelques temps que je ne veux plus suivre les livres à lettre. Parce qu’ils m’ont longtemps culpabilisé… sans que je ne puisse faire autrement. Prise dans une spirale de fatigue et de solitude (un mari absent 4 semaines sur 6, ce n’était pas simple avec 3 enfants à gérer). On avance. On recule. On saute en avant, on rerecule. Et on continue notre chemin cahin-caha… et alors ?

J’ai longtemps cru, comme toi, que j’étais indigne d’être la mère de mes enfants, que je ne méritais pas d’avoir un autre enfant puisque je ne savais pas m’occuper des 3 bonheurs que j’avais dans ma vie. Mais est-ce la vérité ? Je ne le crois pas. Je leur donne tout l’amour que j’ai en stock. Et je fais savoir quand mes limites sont atteintes. Je tente le plus possible, d’être patiente. Mais y a des jours avec et des jours sans.

Alors oui, je suis contre la fessée, la punition, les cris, les menaces. Et pourtant, oui, j’ai déjà donné des fessée, des punitions, des cris et des menaces. Ne crois pas que j’en suis fière. Ce sont autant de remise en question pour moi. Mais je suis maman. Ne l’oublie pas. N’oublie pas que tu es maman… que tu es un être humain. Indigne, je n’y crois pas. Tu le serais, si tu ne doutais pas de toi.

Mine de rien, devenir maman, c’est facile… Une fois que l’on est maman, c’est une autre histoire…

Amitié

mains-2On dit souvent que l’amour est plus compliqué que l’amitié. Franchement, j’émets un doute.
On dit aussi que les ruptures amoureuses sont plus douloureuses que celles d’amitié. Là encore, permets-moi de douter.
Bon, d’accord… je ne suis peut-être pas un bon exemple… Multipliant les expériences amicales plutôt qu’amoureuse. Ou étant chanceuse en amour, je ne sais pas… Cela ne m’empêche pas d’avoir eu de grosses peines de coeur.

C’est l’article de mon amie Selmoonette, qui m’a donné envie d’écrire sur ce sujet, alors que j’avais tout à fait autre chose en tête à te faire partager. Mais un passage de son article m’a mis les larmes aux yeux… et a remué beaucoup de choses au fond de moi… Le passage sur l’amitié, les relations qui s’estompent avec la distance… Je suis sensible, que veux-tu. Ça m’a renvoyé à tellement de choses.

J’ai beaucoup bougé. J’ai 30 ans, et j’ai habité à plus de 25 endroits différents depuis ma naissance. Je posais mes galoches un peu aux 4 coins de la France, et j’ai même un peu touché au-delà des frontières… C’est cool, les voyages forment la jeunesse. Ça tombe bien, je dois être un peu bédouine dans le sang, l’immuable ne me va pas.

Mais je suis aussi quelqu’un de social. J’ai besoin d’avoir du monde autour de moi. Et d’avoir mes moments de solitude. J’ai besoin d’avoir des amies à qui me confier, en plus de mon mari. C’est ainsi.

Alors des amies, je m’en suis faites partout où je suis allée. Des connaissances, des copines, des amies plus proches. Des meilleures amies, des âmes soeurs. De celles avec qui tu peux tout partager, et tu n’as envie de garder aucun secret.

Mais comme l’a dit Selmoonette, la distance a souvent raison de l’amitié… Mais… je ne veux pas l’admettre. Non, non, non. J’ai encore des contacts, même très espacés avec des amies d’enfance, des amies de partout. C’est vrai, je donne peu de nouvelles. Mais chaque amie a une place spéciale dans mon coeur. Je ne peux pas faire un trait sur les amitiés (solides) qui ont jalonné mon parcours… De Mittel à Seoul, en passant par Nantes et Sfax, Toulouse et ailleurs… Qu’elles soient Cathy ou Lisa, Yu Hee ou Emilie, il y a toujours un amour particulier qui me rattachent à elles toutes.

Je ne suis pas de celles qui appellent tous les jours, ou qui répondent de suite aux e-mails. Mais j’éprouve un énorme un bonheur à retrouver des amies avec qui je n’avais pas dialogué depuis longue date. Depuis quelques temps, le téléphone m’excède… alors qu’il y a quelques années, je pouvais rester des heures à papoter au téléphone, aujourd’hui j’ai du mal. Mais l’amour n’a pas bougé. Je ne donne peut-être pas trop de nouvelles, je n’en prends pas plus. Je sais. C’est un de mes défauts. Mais l’amour que j’ai en mon coeur est bien là. Je pense énormément aux amies que j’ai laissé à Nantes. Des filles géniales, toutes. Différentes, mais tellement présentes. Soutenantes. Souriantes. Elles sont toujours près de moi. Même si mon silence les laisse sûrement penser que je les ai oublié…

Et puis, il y a une nouvelle catégorie d’amies. De plus en plus répandue. Une catégorie d’amies qui peut se révéler traitre. Malheureusement. Il peut y avoir des perles, en cherchant bien. On tombe sur quelques personnes exceptionnelles. Mais il faut souvent se casser les dents sur les autres. Les amitiés virtuelles. Tu les rencontres via un réseau social, et une symbiose se produit. Par moment, cela peut être très transcendant. Mais la chute est douloureuse. J’ai eu plusieurs expériences de ce genre. Beaucoup. Mais deux d’entre d’elles m’ont vraiment ébranlées. Une connaissance depuis 9 ans. On avait fini par se rencontrer plusieurs fois. Elle était même venue à la maison pour des vacances. Je me sentais tellement bien avec elle… et du jour au lendemain, plus rien. Elle me manque. Enormément. Parce qu’elle avait une grande place dans ma vie. Mais du jour au lendemain, elle a décidé de ne plus en faire partie.
Et une autre amitié, très fugace. Ça a été comme un coup de foudre. Un aimant qui m’attirait vers elle… et ça n’a pas duré. Je savais que c’était quelqu’un avec un fort caractère, mais pas au point de me jeter comme si rien ne s’était passé. Je m’étais vraiment impliquée dans cette amitié. Ces quelques mois passés près d’elle étaient vraiment géniaux. Mais sans comprendre ce qui s’est passé (et sans me laisser la moindre chance de m’expliquer), elle a préféré tourner les talons, enfonçant une épine dans mon coeur. Les peines d’amitié, ça existe.

Mais dans le virtuel, il n’y a pas que du mauvais… Oh que non ! Les plus belles amitiés se construisent au fur à mesure, apprenant à se connaître et à s’apprivoiser… Et en regardant derrière moi, je vois des amies, vraiment très chères, sans qui je ne peux pas imaginer ne plus discuter un jour, ou oublier, enterrer, juste parce qu’elles sont « virtuelles ».

Ne me dis plus jamais que l’amitié c’est plus sûr que l’amour, ou plus facile. Aimer, c’est magnifique. Mais rien de plus difficile…

Quoiqu’il en soit, je vous aime, mes amies. Même à des milliers de kilomètres, même à des années sans vous parler. Je vous aime.

Il parait que c’est un choix

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Ça… c’était avant !

Il y a un mot cher à la population occidentale, c’est « le choix ». Tiens, ça me replonge dans l’émission que tu n’as peut-être pas connue, d’Evelyne Thomas : « c’est mon choix ».
Des invités, tous plus farfelus les uns que les autres, avec leurs choix qui pouvaient paraitre bizarres. Entre l’une qui ne jurait que par le bleu, et ne s’habillait qu’en bleu, ne se maquillait qu’en bleu, avait des cheveux bleus, une chambre bleue (et mangeait des schtroumpfs, sûrement…) ; un autre qui avait décidé de se nourrir d’assiettes en faïence ; ou de celles qui avaient décidé de ne jamais se couper ni les cheveux ni les ongles… Voilà le thème de l’émission : c’est leur choix.

Un mot que l’on hurle à longueur de temps : « c’est mon choix, laissez-moi si ça ne vous plait pas ! » Dans l’absolu, oui. Je n’ai rien à dire contre cela. Que tu te promènes avec un plumeau dans le derrière (comme dirait ma mère), ou que tu décides de faire le tour du monde en marchant sur les mains : c’est ton choix, je ne vais pas intervenir, ni même le juger. Fais ce qu’il te plait : tu es le seul responsable et le seul qui en assumera les conséquences. Point de moquerie pour quelque choix personnel qu’il soit.

Mais dès lors que tu y impliques une seconde personne, ce choix n’en est plus un. Ou du moins, il doit être réfléchi plusieurs fois, sans oublier de prendre en considération les besoins et les répercussions sur l’autre personne. Si tu veux faire le tour du monde en solitaire à cloche-pied, vas-y, ça n’engage que toi. Par contre, si tu veux m’embarquer dans cette aventure, en faisant une course à pieds-liés… assure-toi de mon état d’esprit avant le voyage, de mon état de santé, et surtout, surtout, de ma motivation à te suivre dans tes idées abracadabrantes.

Mais alors, quand la seconde personne ne peut pas encore s’exprimer en langage compréhensible pour toi, cela voudrait-il dire que cette personne n’a pas son mot à dire dans TON choix ? Ce choix dans lequel tu l’embarques sans mot dire, sans lui demander son avis, sans t’assurer de son état d’esprit, de son état de santé et surtout, surtout, de sa motivation à te suivre… et à engouffrer ce biberon ?

STOP. Il y a une nette différence entre celles qui ont décidé de ne pas allaiter, et celles qui donnent le biberon par dépit, manque d’informations, de soutien.
Il y a des femmes, qui même pendant leur grossesse, décident de ne pas allaiter. Pourquoi ? Parce que. Parce qu’on leur fait croire que c’est un choix qu’elles ont. Genre.

C’est devenu un choix depuis que les industriels de lait en poudre sont sur le marché. Là, c’est devenu un choix. Va voir ailleurs, si c’est un choix d’allaiter. Va voir ailleurs, si les femmes se posent seulement la question : « est-ce que je vais allaiter mon enfant ? » Bien sûr que non. Est-ce que tu te demandes, toi : « est-ce que je vais me nourrir ? » Pas que je sache. Tu as faim, donc tu manges.

Mais, Nestlé, Gallia et compagnie ont réussi à te mettre en tête que c’est un choix. Que c’est TON choix. Et désir de satisfaire tout le monde : c’est aussi un peu le choix du papa. Faut bien qu’il donne le biberon, hein, et qu’il participe à l’éducation du bébé. Quelle blague…
Combien de papas donnent le biberon tous les jours depuis la naissance jusque 6 mois, y compris la nuit ? Levez la main, je vous prie.
Bien… imaginons que c’est un choix parental… Est-ce que tu as seulement essayé de demander l’avis de ton bébé ? Car c’est bien de lui qu’il s’agit. L’allaitement, c’est une histoire à deux (même à trois avec le papa), mais dont le sujet principal… ce n’est pas toi, la maman, mais bien ton bébé.

Alors, oui, la maman aussi est une actrice principale. C’est sûre. Mais disons que les répercussions les plus importantes, du non-allaitement, même si la maman en subit également beaucoup (si, si, crois-moi, ne pas allaiter entraîne tout un tas de truc pas cool non plus, dont Nestlé se garde bien te dire), le bébé en subit beaucoup plus.

Je ne vais pas citer ici tous les avantages de l’allaitement et pour le bébé, et pour la maman… Internet en regorge, tu peux y jeter un oeil. Ton pote Google se fera une joie de t’envoyer sur tous les sites qui les énumèrent. Y a des bouquins à profusion sur le sujet également. Même les industriels de poudre ont été obligé de dire que le lait maternel est la nourriture la plus adaptée à ton bébé, donc bon.

Moi, je suis juste là parce que tu me fais croire que c’est un choix de ne pas allaiter. Moi, je te réponds que c’est une excuse bidon et grossière. Un choix qui porte préjudice à d’autres, ce n’est pas un choix. Quand un taré décide de faire des courses poursuites à 150 km/h en plein centre-ville, ce n’est pas un choix. Quand un malade à la tête d’un pays décide de décimer un peuple, ce n’est pas un choix. Le non-allaitement, ce n’est pas un choix. C’est un leurre devant tes yeux. C’est juste le résultat de la lobotomie des industriels.

Le choix n’implique qu’une seule personne. Et s’il en implique plusieurs, l’auteur du choix devrait d’abord s’assurer qu’il ne porte préjudice à personne en faisant ce choix.

Alors, au nom du féminisme, ou de liberté ou que sais-je, par pitié, ne me parle pas de choix, quand tu as purement et simplement décidé d’imposer du lait en poudre à ton nouveau-né.

Ulsan, dans mon coeur…

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Le vent s’engouffrait dans mon long voile. L’été humide, pesant, gris, venteux. Libre. L’odeur de la mer. Le bruit des vagues agitées sur le rivage à quelques dizaines, ou bien centaines sous mes pieds. En haut de cette falaise, cette vue imprenable, rien ne pourra m’enlever ce souvenir. Une promenade anodine en famille, sur un rocher. Je mélangeais les couleurs de la pierre, de la mer et du ciel. Les mouettes crissaient dans mes oreilles, mais un sentiment différent m’enveloppait. Ailleurs, mais à l’aise comme jamais. Le chemin était bondé de monde. Les coréens aiment marcher, et les week-end, les balades familiales sont de mises. On ne savait plus très bien si c’était une promenade dans une forêt, ou les soldes dans une boutique… Le monde partout, partout… Et pourtant, ce sentiment d’être seule au monde à l’autre bout du monde, juchée sur le bord de cette falaise.

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Jamais je n’avais vu des petits restaurants, ou plutôt des snacks de mer, les pieds vraiment dans l’eau. Ils étaient installés en contre-bas, sur la plage de cailloux. Quelques petits chapiteaux pour abriter les clients, un barbecue sur lequel grillaient des coquillages et des poissons fraîchement péchés. Tout le monde en bottes, clients et cuisinières. C’est que les vagues venaient jusqu’aux chevilles. Impassibles, le sourire aux lèvres, le verre de soju à la main, la détente du dimanche…

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Sur le chemin, les couples, vêtus de vêtements assortis, marchaient d’un même pas, en riant. Il y a un souvenir apaisant qui émane de cette journée. Le temps était plutôt gris, même si la chaleur était intense. Les vagues claquaient parfois tellement fort, qu’elles nous éclaboussaient. Et quel bien cela faisait !

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Et cette nuée de libellules ? Elles étaient énormes, presque à faire peur. Et restaient immobile dans les airs. On aurait presque dit un remake d’Hitchcock. Les gamins couraient sur le chemin. Les plus vieux marchaient d’un bon pas également.
Tiens, un couple d’occidentaux pas très loin. Plutôt rare dans cette ville, le touriste n’est pas tellement développé… Ah, ce sont certainement des français, ils ont une tête d’enterrement. Effectivement, en passant à leur côté, on les entend se quereller en français… On tient bien à notre réputation.

Depuis que j’étais là-bas, personne ne m’a associé aux français. On m’a souvent demandé de quel pays je venais. Le plus souvent, pensant que j’étais Saoudienne. Mon long voile les a embrouillé. On m’a même demandé si j’étais Israélienne, une fois. Egyptienne, aussi. Mais Française, ils ne pouvaient l’imaginer.

Plusieurs fois, des personnes m’ont abordé dans la rue, avec des signes conviviaux… J’ai eu le droit à « Oh ! You are muslim ? Good ! So Good ! » avec un sourire et le pouce levé ; une autre fois, dans un aéroport, un monsieur a tenu absolument à me faire comprendre combien il appréciait ce genre de tenue vestimentaire ; d’autres personnes qui me témoignaient leur ouverture d’esprit. Et je ne compte pas les « Salam Alaykom » que l’on m’a adressé dans un arabe approximatif avec l’accent coréen.

Je n’ai pas le souvenir d’avoir été raillée… Ou alors je ne le comprenais pas, et ça me passait au-dessus. Mais ce que j’ai remarqué, c’est que les coréens, aussi timides qu’ils soient (et ils le sont ! Sûrement par pudeur) n’hésitent pas à poser des questions s’ils ont besoin d’être renseignés.

Le souvenir de cette falaise qu’il fallait escalader en gravissant une centaine de marches d’escalier, le souvenir de ce sentiment de liberté qui m’avait enveloppé, le souvenir intarissable de cette chaleur humaine, à 10 000 kms de là où je vis… longtemps ce souvenir est resté une plaie ouverte, une larme qui coule, un désir d’y retourner au plus vite, un manque d’oxygène.

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Aujourd’hui, je sais que Ulsan n’est qu’à 10 000 kms. Je sais que la Corée est sur Terre, pas si loin de moi… et de le savoir, ça m’apaise. Je me suis profondément enlisée dans cet amour pour cette région du monde… j’ai signé un pacte secret… j’y retournerai… In shaa Allah.

La vie, comme si inchangée…

tsunamiUne bombe a explosé… C’est juste 3 trois kilos six-cent-soixante-quinze grammes. Les grammes sont toujours importants. Une petite bombe de 3,675 kg, ou parfois même 2kg120, ou même 4kg590… C’est tout riquiqui… mais ça explose.

Ça explose. Ça perturbe. Et plus rien n’est comme avant. Alors, dis-moi, pourquoi, pourquoi voudrais-tu que ce soit comme avant ?

Oui, je te parle de ce bébé qui vient d’arriver dans ta vie. Il a beau avoir tout détruit devant toi, derrière toi… tes idées et tes projets, tes nuits et tes théories, tes amies et tes rêveries… Tu l’aimes d’un amour inconditionnel. Il y a cette force qui t’enveloppe quand tu te plonges dans ses yeux ; cette peur ancrée qui ne veut plus te lâcher à la première idée du moindre mal qui pourrait lui arriver… Il y a cette chose innommable qui te traverse, te transperce, que tu peines à comprendre… Cet amour sensationnel que tu n’as jamais connu… Mais pourtant, tu voudrais que tout soit comme avant.

Tu ne veux qu’une chose, c’est dormir, dormir, dormir. On t’a tellement répété, pendant que tu couvais, que tu ne dormirais plus quand bébé serait là… que tu as la certitude profonde qu’il te manque quelques heures à ton passif de dormeuse. Tu en es tellement convaincue que tu ressens vraiment cette fatigue. Parce que, d’abord, ça ne te viendrait même pas à l’idée que tu ne puisses pas ne pas être fatiguée, à cause de ce bébé qui te réveille toutes les 2h, la nuit.

Parce que c’est vrai, ton bébé te réveille toutes les 2h. Parce que tu lis sur ce poison d’internet, que d’autres mamans ont des bébés « qui font leur nuit à la maternité ». Et tu les crois. Bien sûr qu’on y croit, tant qu’on est enceinte. C’est le même principe que de croire que cette pilule amaigrissante, te fera vraiment maigrir. C’est le même topo. Ça marche peut-être… pour une femme sur 100, et toi, bien évidement… t’es pas dans le lot. C’est comme les jeux de hasard. Au tirage au sort, tu ne gagnes jamais le dernier smartphone à la mode, ou le billet pour un voyage au bout du monde. C’est toujours les autres. C’est qu’on est nombreux sur Terre !

Alors, toi, t’as aussi cru que tu ferais partie de ces mamans qui écriraient sur les réseaux sociaux : « mon bébé fait ses nuits depuis qu’il a deux semaines. » Mais c’est pas le cas. Et quand tu demandes la potion magique pour y arriver… les réponses font frémir.
On te propose, au choix : de le gaver à la poudre industrielle, pour qu’il te fiche la paix (enfin… on ne te l’annonce pas comme ça, hein… on enrobe le tout, de « mais c’est important pour la maman de dormir aussi »), de lui enfourner une tétine-bouche-trou (« mais nan enfin, il a pas faim… il a juste un fort besoin de succion ! »), de le laisser pleurer (« après tout, faut bien qu’il apprenne l’indépendance, aussi… tu vas pas rester toute sa vie à ses côtés pour qu’il dorme. »).

Et toi, comme tu es nouvellement maman, avec ta bombe atomique dans les bras, qui a détruit tes repères spatio-tempo-émotionnels… forcément, tu ne sais plus que faire, qui écouter, comment gérer…

Je ne voudrais te poser qu’une seule question… A toi, la maman qui vient d’accoucher, à toi qui pense que rien n’a changé, à toi qui voudrait que 3kg800 ne provoque pas un tsunami… Pourquoi serait-ce à ce micro-boutchou qui vient d’être catapulté sur Terre, de s’adapter tout de go, sans aucune transition, à nos moeurs les plus farfelus ?

Pourquoi serait-ce une norme de dormir 8 ou 9h d’affilées sans se réveiller ? Qui a édicté cette règle imbécile et au nom de qui, de quoi ? Non, ta vie ne sera plus jamais la même… et c’est certainement à toi de t’adapter à ce rythme nouveau… Donner la vie, et la laisser entrer dans la sienne, ça demande beaucoup de changement.

Oui, cet élan démentiel est pur… alors, garde-le et n’écoute personne qui voudrait te contredire. Aimer jusqu’à plus soif, ce petit être hors du commun… Ce petit miracle créé de deux êtres. Comment voudrais-tu que ta vie soit toujours la même, vivre au même rythme qu’antan. Danser sur les mêmes chansons et sortir jusqu’à pas d’heure… comment serait-ce possible que rien n’ait changé, quand une bombe a explosé, quand un tsunami a tout dévasté…

Laisse-moi t’aimer.

20150517_163538J’ai été ignorante pendant des années. Que dis-je… J’ai été ignorante depuis ma naissance, sur ce qu’est vraiment l’amour. Ou plutôt « être amoureuse ».
On parle de l’amour, on l’enveloppe de douceur, mais cette chose tellement impalpable, tellement irraisonnée, tellement diverse… Qu’est vraiment l’amour?

J’aime… j’aime le visage de ma fille qui sourit dans son sommeil ; j’aime la prestance de mon fils pendant ses démonstrations sportives ; j’aime la voix de mon deuxième quand il raconte sa journée d’école ; j’aime le bruit des clés dans la serrure qui annonce le retour du travail de mon homme ; j’aime le téléphone qui sonne et qui indique le numéro de ma meilleure amie… C’est facile d’aimer. Je crois que j’ai toujours aimé…

Mais je suis une amoureuse aussi. Je suis amoureuse de mon mari, en passant les hauts et les bas, en fermant les yeux sur ses défauts et en souhaitant aller plus loin avec lui.
Mais je suis amoureuse aussi. Je suis amoureuse de cette femme… Je pèse mes mots, et ils ne seront certainement pas bien compris, alors laisse-moi t’expliquer.

Jusqu’à ce que je me rende compte de l’amour que je portais pour elle, j’étais obstinément convaincue qu’être amoureuse, c’était non seulement aimer de tout son être, mais également être attirer physiquement et sexuellement par une personne. Je croyais fortement qu’il ne pouvait pas exister de relation amoureuse sans désir physique, sinon je classais cette relation dans la case « amitié ».
Soit ma case amitié a des limites extrêmement larges, soit il faut créé un autre terme que « être amoureuse », pour qualifier mes sentiments personnels.

Parce que, je l’aime. Elle me manque quand je ne la vois pas une journée. C’est un déchirement quand je dois la quitter. Je suis apaisée quand elle me laisse pleurer sur son épaule. Je rigole dès qu’elle ouvre la bouche. C’est chez elle que je cours, que je vole… Je l’aime à la folie. Est-ce choquant? Je n’ai pas de désirs physiques envers elle, je n’ai que de l’apaisement d’être avec elle, si je le pouvais jour et nuit.

Sûrement que dans cette société très terre-à-terre, où tout est, soit noir, soit blanc, cela doit déranger… Ce n’est pas acceptable de dire que l’on est amoureuse de notre meilleure amie, de vouloir partager sa vie avec elle (j’ai dit sa vie, pas son lit), de glousser au téléphone comme des gamines de 15 ans, de partager les mêmes délires, la même façon de penser. Une âme-soeur. Qui m’a prise sous son aile. Une âme-soeur au sourire resplendissant…

Alors, ce n’est ni noir, ni blanc… J’ai des sentiments pour elle qui sont au-dessus de ce qu’on appelle une amitié. J’ai de l’amour à profusion… Et tout se passe en symbiose… Juste, je l’aime. Je le clame haut et fort… Elle est l’amour de ma vie. Et après?